Conséquences, de Darren Williams

Chronique réalisée pour les Chroniques de l’Imaginaire

C’est la première fois que je lis un auteur australien et ce polar est un vrai feu d’artifices. La couverture cite R.j. Ellory qui a dit de ce livre qu’il est « d’une profondeur et d’une humanité rares ». Et bien ce n’est pas juste un coup de publicité, mais un descriptif percutant de ce superbe polar tout en sensibilité.

Grace et Darcy sont deux adolescentes qui vivent à Angel Rock. une petite ville de l’Australie profonde, elles sont liées par une grande amitié. L’histoire n’est pas datée précisément, mais d’après certains indices, on peut penser qu’elle se déroule autour de 1970. Les distractions sont rares, les jeunes filles se baignent dans la mare, elles découvrent les transformations de leur corps. Sonny, le frère de Darcy les espionne. C’est un sale gamin, violent et qui cherche toujours des noises aux autres enfants. Il aime tout particulièrement s’en prendre à Tom, le héros du livre qui est un peu plus jeune. Darcy est malheureuse, mais refuse de partager son secret avec Grace, puis s’éloigne d’elle.

Tom Ferry vit avec sa mère, son beau-père alcoolique, Henry et son demi-frère âgé de quatre ans Flynn. L’âge de Tom n’est pas précisé, mais on peut penser qu’il a dix ou douze ans, il aime et protège son petit frère. Henry est bucheron, il n’aime guère Tom qui doit souvent l’accompagner sur des chantiers forestiers. Ils ne sont pas riches et doivent travailler dur. Un samedi, au début des vacances, Henry emmène les deux enfants en forêt pour l’aider car son co-équipier s’est cassé un bras. En fin de journée il s’arrête dans un bar pour boire et demande à un collègue de ramener les enfants à la maison. Ce dernier accepte, mais n’a pas le temps d’aller jusqu’à leur maison, il les laisse au bord de la route à quelques kilomètres de chez eux. Malheureusement, ils se perdent dans le bush et Tom revient seul une semaine plus tard. Il ne se souvient de rien et les patrouilles de recherche  qui sillonnent la région depuis sa disparition ne retrouvent pas son frère.

Peu après, Gibson, un policier de Sydney est appelé dans une vieille maison abandonnée dans laquelle on a retrouvé une jeune fille qui s’est suicidée, il s’agit de Darcy qui avait fugué de chez elle. La soeur de Gibson a fait pareil douze ans auparavant et le policier se donne la mission de découvrir la raison du geste de Darcy, il en fait une affaire personnelle. Il débarque donc à Angel Rock et se met à remuer le passé de la petite ville.

Le roman fait évoluer ces personnages très touchants et profondément humains, on voit leurs peines et leurs joies (pour les enfants). On sent que les blessures laissées par la guerre ne sont pas cicatrisées. Sous le couvert d’un polar, ce livre traite des questionnements essentiels : le sens de la vie, la mort, Dieu.

Ce roman ressemble à ceux de John Connolly, le fantastique est tout près. Les héros iront au bout de leur chemin et trouveront la paix à laquelle ils aspirent. Les portraits sont magnifiques, en particulier ceux de Tom, de Grace et de son père Pop, le policier de la ville, dont la présence solaire illumine cette histoire qui serait bien sombre sans lui. C’est un homme qui a été éprouvé par la vie et la guerre, il a choisi d’aimer les autres et de vivre sa foi malgré la noirceur de sa tâche.

Un très beau roman qui mérite vraiment de trouver son public en Europe.

Conséquences

 

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La contrée immobile, de Tom Drury

Chronique réalisée pour Les Chroniques de l’Imaginaire.

Sur la couverture de ce magnifique petit livre, il est écrit « roman noir », ce qui le renvoie à la catégorie des polars et autres thrillers, mais je préfère le ranger dans la catégorie fantastique vu le rôle important joué dans l’histoire par les fantômes. L’épilogue de l’histoire fait pense à un thriller, mais le côté fantastique domine cette histoire très poétique, d’où le choix de son classement.

Nous partageons le quotidien de Pierre, un jeune Américain fantasque du Midwest. L’histoire commence alors qu’il a dix sept ans. Son amie Rebecca est hospitalisée à cause d’une pneumonie attrapée en participant à une course qui s’est déroulée sous la pluie. Rebecca est gênée par les lumières du parking de l’hôpital et Pierre s’empresse de les saboter. Ensuite Rebecca le quitte sans raison, simplement parce qu’elle veut être libre de faire des folies durant leur année de terminale. Il est triste, mais ses parents ne croient pas à son chagrin.

On traverse ensuite rapidement les sept années suivantes de la vie du héros pour le retrouver âgé de vingt-quatre ans. Il est barman au Valet de Carreau et nous suivons la dernière année de sa vie depuis le réveillon du Nouvel An.

Le livre est court et il n’y a pas de l’action à chaque page, mais l’intérêt de ce petit bijou n’est pas là. Pierre est un anti-héros complètement déjanté qui vit dans un univers poétique. Et pas seulement parce que l’une de ses amies, Carrie Sloan est la poétesse de la communauté. Pierre est surtout complètement décalé, son univers est loufoque et plein d’humour, mais d’un humour tendre, jamais méchant, il a une grande distance envers lui-même. Son univers m’a fait pensé à ceux créés par Tim Burton.

On ne peut pas raconter l’histoire, ni même son début pour ne pas entamer le suspense, vu sa brièveté, mais on peut résumer en disant que Pierre connaîtra l’amour et l’aventure avant sa mort. Heureusement pour lui, il s’agit d’un amour éternel.

Même s’il y a de l’action (un peu), c’est avant tout un roman d’ambiance, écrit avec humour et poésie. On y trouve une réflexion intéressante sur l’amitié, le partage, l’amour et le sens de la vie. Un drôle de petit roman, vraiment magnifique, à découvrir absolument.Le côté thriller est vraiment un prétexte pour créer cet univers riche et poétique. La fin du livre est très touchante.

J’ai adoré ce petit livre qui m’a pris aux tripes et m’a transportée dans son univers plein de poésie et de tendresse.

La contrée immobile

Cool, de Don Winslow

Chronique réalisée pour les Chroniques de l’Imaginaire.

Ce thriller est la préquelle de Savages, c’est à dire qu’il a été rédigé après, mais l’histoire se déroule avant sur le plan chronologique.

Nous assistons au début du trio composé de Ben, Chon et O. Chon est un GI qui a ramené des graines de cannabis d’Afganistan. Ben les a cultivées, croisées et améliorées jusqu’à en faire l’herbe la plus chargée en THC du marché. Ils pratiquent la culture hors sol d’un cannabis pratiquement pur. Cela leur a demandé de grands investissements de départ, mais s’est vite avéré plus que rentable. Le trio commence à se faire sa place dans le trafic de drogue, ce qui ne plaît pas aux autres acteurs du marché. Nous assistons à leur démêlés avec les autres trafiquants, les racketteurs et la police. Ambiance drogue, sexe et violence extrême en Californie. Ils vivent au début des années deux mille.

On assiste aussi à jeunesse de leur parents, à la fin des années soixante et septante, qui eux aussi pratiquaient le trafic de cannabis. On passe d’une époque à l’autre et souvent on ne sait plus où l’on en est. Le rapport à la drogue était tout différent à cette époque hippie.

Il y a une foule impressionnante de personnages dans ce roman et parfois on se demande ce qu’ils font là. Heureusement dans la deuxième moitié du livre, les choses s’éclaircissent peu à peu et l’intrigue se met en place. Toutefois, il ne s’agit pas d’une intrigue avec un début, un milieu et une fin, mais plutôt d’une succession d’évènements discontinus reliés de façon aléatoire.

Le traducteur a fourni un travail admirable de documentation et les notes en bas de pages éclairent ce texte obscur en expliquant les références à la culture pop américaine dont les lecteurs européens ne sont pas forcément familiers.

Pour moi cette lecture a été une vraie corvée du début à la fin. Je suis totalement allergique au style de cet auteur. J’ignore s’il écrit toujours comme cela, mais ce livre est rédigé dans un style complètement hâché, avec des phrases coupées n’importe comment, des sauts de ligne qui n’ont aucun sens grammatical. Le langage est très parlé, avec des acronymes désignant tout et n’importe quoi. L’humour de l’auteur tombe à plat. Ce style est censé nous faire entrer dans le mode de vie et de pensée du trio de héros, mais je trouve qu’il rend juste la lecture très désagréable et n’apporte rien. C’est un livre que j’aurais abandonné après une centaine de pages, voire moins si je n’avais pas été obligée de le lire, l’ayant demandé sans savoir à quoi je m’attelais. Ce sera le premier et le dernier livre de Don Winslow que je lirai.

Cool

Triple crossing, de Sebastian Rotella

Chronique réalisée pour Les chroniques de l’Imaginaire

Un premier roman plein d’adrénaline qui a été nommé meilleur premier roman et meilleur thriller de l’an dernier par le New York Times, et qui mérite largement ces distinctions.

Valentin Pescatore est un jeune agent de la patrouille frontalière. Toutes les nuits avec ses collègues, il essaie d’empêcher les clandestins mexicains de pénétrer en Californie depuis Tijuana. Son chef, Garrisson, est violent et très peu soucieux du respect des droits de l’homme, il n’hésite pas à brutaliser les personnes qu’il arrête et se livre à divers autres trafics. Un soir Valentin poursuit un passeur qui les nargue depuis des mois jusque chez lui à Tijuana, ce qui est bien sûr totalement interdit. Cela lui vaut d’être convoqué par l’inspection générale des services et la CIA. Ils lui proposent de passer l’incident sous silence en échange de sa collaboration pour coincer Garrisson qui est leur vraie cible. Ils le soupçonnent de travailler pour la mafia mexicaine et demandent à Valentin de l’espionner et de participer aux divers travaux supplémentaires que Garrisson proposent à ses équipiers.

A la fois par peur d’être renvoyé de la patrouille frontalière et par amour pour Isabel Puente, son agent traitant dont il est tombé follement amoureux, Valentin se met à participer activement aux trafics de Garrisson. Ce qui lui permet de faire la connaissance de Buffalo, un chef de gang mexicain dont il a aidé le cousin l’année précédente. Garrisson est bien en lien avec la mafia de Tijuana.

Coté mexicain, nous suivons Léo Mendez, un ancien journaliste désormais à la tête du groupe Diogène, une unité d’élite chargée de lutter contre la corruption qui gangrène le Mexique à tous les niveaux de l’Etat et de la police en particulier et Araceli Aguirre, la présidente de la commission des droits de l’homme qui soutient Mendez. Léo collabore aussi avec Isabel Puente et ne fait pas confiance à Valentin son indic.

Léo a arrêté le chef de la police peu auparavant. Junior Ruiz Caballero, chef de la mafia de Tijuana organise son évasion, mais le fait abattre sur la frontière au moment où Garrisson a envoyé ses hommes le récupérer. Les fugitifs sont tués par les Mexicains, ainsi que le collègue de Valentin. A partir de ce moment, le roman s’emballe, même si l’action ne manquait pas auparavant. Les rebondissements se succèdent et Valentin aura bien de la peine à sortir vivant du bourbier dans lequel il est pris.

Les personnages sont très travaillés et très attachants, On n’a pas affaire à des caricatures de personnage et on sent la plume journalistique de l’auteur. Les personnages sont vivants et vraisemblables . Le suspense est très bien ménagé et jusqu’au bout on craint pour Valentin. Ce livre est effrayant car il nous montre l’étendue de la corruption qui dévore certains pays d’Amérique du Sud. Mais ne nous voilons pas la face, la corruption existe sûrement aussi chez nous, même si elle est plus subtile et moins voyante que là-bas.

La langue de ce roman est très agréable, la seule chose qui m’a gênée est que certaines répliques des bandits sont en espagnol sans traduction, mais on comprend toujours en gros d’après le contexte. Et si j’ai bien compris il s’agit surtout de vannes et de jeux de mots, donc pas forcément traduisibles en français.

C’est un excellent polar et on ne s’y ennuie pas une seule seconde malgré ses cinq cent pages. A recommander chaleureusement pour les longues soirées d’hiver… mais comme on ne peut plus le lâcher, il n’occupera pas tant de soirées que cela.

Triple crossing

Galveston, de Nic Pizzolatto

Chronique réalisée pour Les Chroniques de l’Imaginaire

Ce premier roman est un thriller à la fois très sombre et très beau qui met en scène des héros très attachants. Il se déroule sur deux plans en parallèle: d’une part en 1988 au moment des faits et vingt ans plus tard quand Roy raconte son histoire.

Roy Cady est un des hommes de main de Stan Stikto, un parrain de La Nouvelle Orléans, il vient d’apprendre qu’il a un cancer des poumons et qu’il va bientôt mourir. La nouvelle l’angoisse, mais il ne peut en parler à personne. Son patron le dépêche avec Angelo. son complice, récupérer de l’argent qu’on lui doit. Stan ne veut pas que ses hommes de main soient armés. En fait c’est un piège, il veut éliminer en même temps un syndicaliste et ses hommes de mains qu’il n’aime pas à cause d’une histoire de femme. Carmen a quitté Roy pour Stan et depuis son patron lui en veut. Roy s’est méfié est est venu avec des armes. La confrontation tourne au carnage, Roy est le seul survivant avec Rocky, une jeune prostituée. Ils s’enfuient tous les deux et passent une semaine en cavale avant d’être rattrapés par leurs poursuivants.

Le roman porte principalement sur cette semaine du point de vue de Roy, même si le dénouement se passe vingt ans plus tard. Galveston est un endroit où il a connu un semblant de bonheur avec Lorraine, son premier amour, puis avec Carmen. Il choisit donc logiquement cette destination dans sa fuite, avant d’y revenir terminer sa vie plus tard.

Il aurait pu sauver sa peau et échapper à ses poursuivants s’il avait abandonné Rocky. Il sait qu’il devrait le faire, mais il est amoureux d’une certaine façon, il aimerait que Rocky ait un vrai avenir. Roy est un voyou, même un tueur et pourtant, il est attachant et plein de noblesse, il voudra sauver Rocky et ils le paieront cher. C’est un personnage à la fois sombre et solaire, mais la part de lumière domine en lui.

C’est un magnifique roman qui nous fait réfléchir au sens de la vie et de la mort dans un paysage beau et âpre. Et le vrai méchant du livre n’est pas Roy. Galveston, c’est l’ancien repaire du pirate Jean Lafitte, une île où les hors la loi trouvent une forme de bonheur éphémère.

Ce livre m’a transportée au Texas et j’ai partagé les émotions fortes du héros. Même si l’histoire est sombre avec des héros que la vie a écorché vif c’est un roman paradoxal, plein d’amour et de douceur qui mérite un gros coup de coeur.

Galveston

 

Arsène Lupin, Gentleman-cambrioleur, de Maurice Leblanc

Chronique réalisée pour les Chroniques de l’Imaginaire

Ce livre contient les neuf premières nouvelles relatant les exploits du célèbre cambrioleur, parues dans un journal en 1905. On commence tout de suite par l’arrestation d’Arsène, qui va réussir un extraordinaire cambriolage depuis la prison de la santé avant de s’évader pour poursuivre sa glorieuse carrière.

Les exploits d’Arsène sont variés et ma nouvelle préférée est Le sept de coeur. Dans L’aiguille creuse, on avait découvert un Arsène plutôt prétentieux et antipathique. Ici on retrouve le jeune homme léger, galant, ingénieux, en un mot séduisant auquel la série télévisée immortalisée par Georges Descrières a habitué le public francophone. C’était au temps des quarante-cinq tours et l’on écoutait le générique du feuilleton chanté par Jacques Dutronc sur notre mange-disque… Nostalgie quand tu nous tiens !

Ce livre se caractérise aussi par un intéressant dossier qui met en perspective Arsène avec son temps, Il est un héros typique de la Belle Epoque, une ère de progrès et d’optimisme. D’autres héros de polar sont nés à ce moment-là, mais ces autres personnages sont plus sombres que Lupin, qui n’est pas bien méchant. Il ne vole que les très riches et n’use pas de violence. D’une certaine façon il est un justicier, cet aspect est souligné par Le collier de la reine.

Il présente de nombreux points communs avec Sherlock Holmes, dont le double, Herlock Shomes le traque. Comme le héros de Conan Doyle, Arsène mourra quand son créateur en aura assez, mais il ressuscitera peu après, à la demande du public. Ce dernier a longtemps cru qu’il s’agissait d’un personnage réel et non fictif.

Ces nouvelles ont un certain charme suranné, Arsène est charment et amoral. Il résout certaines énigmes comme des meurtres ou une trahison, mais pas pour arrêter le coupable, juste pour en tirer un bénéfice personnel. Il aime la technologie de son époque, comme l’automobile, la photo ou les transatlantiques.

Ces nouvelles sont distrayantes, même si ces polars de la Belle Epoque manquent d’action selon les critères actuels. Les notes montrent bien que ce volume est destiné à un public scolaire d’adolescents, mais il intéressera les passionnés des années dix-neuf cent ou de l’histoire du polar.

Arsène Lupin

Dans la lumière, de Barbara Kingsolver

Pour la troisième année consécutive, j’ai eu la chance et le privilège participer aux matchs de la rentrée littéraire, organisés par Price-Minister-Rakuten. Cette année le choix a été très difficile parmi une douzaine de romans tous plus alléchants les uns que les autres, finalement j’ai opté pour celui de Barbara Kingsolver, une romancière américaine dont j’avais entendu parler et que je désirais découvrir.

J’ai eu de la difficulté à entrer dans ce gros roman très dense où l’on a l’impression qu’il ne se passe pas grand chose, du moins au début, mais une fois que ce premier pas a été fait, je n’ai plus pu lâcher ce livre. Dellarobia, âgée de vingt huit ans et mariée depuis onze ans est sur le point d’envoyer promener sa vie quotidienne. Son mari Cub est très gentil, mais ne la comprend pas, ses enfants l’épuisent et surtout elle ne s’entend pas le moins du monde avec Hester, sa belle-mère. Elle a l’impression que sa vie n’a aucun sens et elle se sent en perpétuel décalage avec son environnement. Elle s’apprête à aller retrouver Jimmy dans les bois et à tromper son mari pour de bon alors que jusque là elle s’est contenté d’adultères imaginaires. Elle sait que sa belle-famille et la communauté tout entière la rejettera si son comportement est découvert, mais elle ne supporte plus l’étroitesse de sa vie de paysanne pauvre du sud (Tennessee). Elle monte dans les bois sur la propriété familiale pour retrouver son amant dans un refuge au sommet d’une colline. En chemin, elle voit une lumière orange magnifique comme si toute la vallée était en feu. En s’approchant elle voit qu’il ne s’agit pas d’un incendie, mais de milliers de papillons. Elle y voit un miracle, un signe venu de Dieu pour l’empêcher de commettre l’irréparable.

Dellarobia pensait ne parler à personne de cette rencontre, mais son beau-père lui apprend qu’il a prévu de déboiser toute la montagne. Elle parvient à convaincre Cub d’aller voir ce qui se passe sur la colline avant de prendre cette décision. Cub y voit aussi un miracle et en parle à l’église le dimanche suivant. Désormais Dellarobia devient célèbre, tout le monde veut venir voir les papillons, en fait des monarques. Un savant du Nouveau Mexique, le docteur Byron vient aussi les étudier avec ses assistants. La vie de la jeune femme est bouleversée et plus rien ne sera comme avant, même si elle doit se battre pour conquérir sa liberté.

On a l’impression qu’il ne se passe rien dans le roman, au début parce que le sujet du livre est Dellarobia et son évolution intérieure. Ce livre m’a fait penser au célèbre film  de Clint Eastwood, Sur la route de Madison. Dellarobia présente beaucoup de points communs avec l’héroïne incarnée par Meryl Streep, c’est une femme qui vit en décalage avec ses aspirations profondes et qui osera aller au bout de son chemin. Ce livre est aussi un roman sur l’écologie, la destruction de la planète et la manipulation médiatique. Mais il nous parle avant tout du destin des paysans pauvres du sud des USA et en particulier de la souffrances des femmes confrontées à l’indifférence et au silence des hommes qui ne les comprennent pas. Il y a aussi du Steinbeck et du Caldwell dans ce très beau roman, qui dresse un portrait de femme dans laquelle nous pouvons toutes nous reconnaître dans une certaine mesure.

Une des règles de ce partenariat est de noter les livres, ce que je n’aime pas faire. Je lui donne 16 sur 20.

Dans la lumière