Fin de course, de C. J. Box

Chronique réalisée pour Les chroniques de l’Imaginaire

Voici un polar assez déroutant qui nous plonge au fond d’une Amérique proche de celle des pionniers.

Joe Picket est garde-chasse dans le Wyoming, il a été affecté à un district du sud particulièrement isolé et montagneux durant ces deux dernières années par la volonté du gouverneur dont il est un des proches. Il entame sa dernière tournée avant d’être réaffecté dans le district où sa femme et ses filles ont continué d’habiter. Il laisse son pick up en bas d’une piste et continue à cheval. Son inspection doit durer quatre ou cinq jours. Des braconniers sont venus se dénoncer à son bureau en racontant qu’ils ont tué un wapiti, mais lorsqu’ils sont arrivés près de la carcasse vingt minute plus tard, la viande avait déjà été débitée et emportée. Ils ont eu si peur qu’ils ont préféré avoir une amende à payer plutôt qu’y échapper en se taisant. Joe pense que l’affaire sera vite résolue et que les braconniers étaient surtout tellement ivres qu’ils n’ont pas retrouvé le wapiti mort. Au départ de la piste, il se rend au bistro du coin pour y interroger les habitués. On signale qu’il se passe des choses étranges dans la montagne, des campements ont été vandalisés, des voitures cassés et les éleveurs n’osent plus laisser du bétail dans les alpages. On parle de vendigos (des créatures surnaturelles) venus du Canada.

Joe prend tout cela à la légère, bien content de retrouver bientôt sa famille et il monte dans la montagne. Le début de sa tournée se passe très bien, puis il est assailli de mauvais pressentiments, il entend des bruits suspects ou des silences encore plus suspects. L’ambiance change, Joe repense au vendigo et je me suis demandé si le roman allait évoluer à la Stephen King, mais pas du tout. Joe tombe sur un pêcheur étrangement accoutré d’habits vieillots et très concentré qui l’ignore manifestement. Joe veut contrôler son permis de pêche, le soupçonnant de ne pas en avoir, l’homme lui demande gentiment de laisser tomber. L’officier refuse arguant du respect de la loi et le menaçant de le convoquer au tribunal, il veut aussi contrôler son campement. L’homme obtempère, mais Joe ne sait pas encore qu’il vient de déclencher une machine infernale.

C.J. Box nous fait découvrir un monde de marginaux qui aimeraient vivre comme au temps des pionniers. Ils rejettent la société moderne et son évolution, mais surtout les injustices, la corruption et le pouvoir de l’argent. Ils estiment que l’Etat moderne a renié les valeurs américaines fondatrices. Si les frères Grim semblent être de dangereux marginaux – ce qu’ils sont assurément – nous découvrons leur histoire au fil du livre.  Nous les découvrons victimes broyées par les puissances d’argent qui gangrènent les USA.

Ce livre est très agréable à lire, on est tout de suite pris dans l’histoire et le suspense. Les frères interrogent Joe sur la légitimité de son action et on ne peut que s’interroger avec eux sur la finalité de la loi, finalement qui protège-t’elle?

Ce roman nous montre une facette peu connue des USA, même s’il semble que le nombre de citoyens révoltés et vivant dans la clandestinité bien loin du rêve américain est important.

Fin de course

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