Clandestines, de Zoé Ferraris

Chronique réalisée pour Les Chroniques de l’Imaginaire

Nous retrouvons Katya Hijazi un mois après la fin de Les mystères de Djeddah. Sa place d’héroïne centrale de la série s’est confirmée.

Un vieux Bédouin a découvert un pied qui dépassait d’une dune, il a prévenu la police locale. Il s’agit en fait d’un cimetière clandestin et la police criminelle de Djeddah  découvre dix-neuf corps de femmes amputées des mains et abattues à bout portant d’une balle dans la nuque. La brigade est sous le choc et l’enquête est confiée à Ibrahim. Ses jeunes collaborateurs ne peuvent croire qu’un Saoudien ait pu commettre de tels crimes, pour eux, les tueurs en série ne peuvent qu’être américains. L’inspecteur est toutefois moins naïfs, les victimes sont toutes des Asiatiques, donc des employées de maison.

Katya est chargée d’analyser certains indices,  elle n’est pas informée des développements de l’enquête au fond de son labo, mais elle brûle d’y participer. Les responsables de la police font appel à un expert du FBI,  Charlie Becker… et à la surprise générale, c’est une femme. Elle donne une conférence habillée à l’occidentale et les cheveux découverts, ce qui met plus d’un policier mal à l’aise et elle ne tarde pas à se lier avec Katya.

La vie privée des héros n’est pas de tout repos non plus, Katya accepte de se fiancer avec Nayir, tandis qu’Ibrahim est très inquiet de la disparition de Sabria, une ancienne collègue avec qui il a une liaison, ce qui n’est pas anodin dans ce pays. Ibrahim a besoin de l’aide de Katya pour mener une enquête discrète. La jeune femme qui désire plus que tout intégrer l’école de police et participer à l’enquête sur les meurtres en série accepte la mission confiée par Ibrahim, espérant obtenir ainsi ce qu’elle veut.

Ce livre est un passionnant polar ethnologique dans lequel l’auteur utilise le roman policier pour nous faire découvrir l’univers de Djeddah. Elle y est née avant de partir vivre aux USA. Sa plume est très délicate et elle nous présente ce monde avec empathie. Katya et Charlie se lient d’amitié et Katya lui fait découvrir sa civilisation. J’ai beaucoup aimé le fait que ce livre essaie de nous faire comprendre un mode de vie très différent du nôtre sans le juger. On est loin des clichés occidentaux  sur la civilisation arabe. Bien sûr la place des femmes n’est pas confortable de notre point de vue, Katya est une femme moderne, mais pas occidentale. Elle n’est pas malheureuse, même si certaines limites lui pèsent et la gênent dans son travail. Elle aimerait que les choses évoluent un peu, mais elle n’envie pas le monde occidental pour autant. Charlie fait aussi preuve de délicatesse, elle cherche à comprendre et ne juge pas.

La morale tient une grande place et l’adultère est un des thèmes central de l’intrigue. Et contrairement à ce qu’on a tendance à croire ici, la punition touche autant l’homme que la femme.

C’est vraiment un beau polar et j’ai hâte de retrouver Katya pour de nouvelles aventures si dépaysantes.

Clandestines

 

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