L’ombre des templiers, de William Dietrich

Chronique réalisée pour les Chroniques de l’imaginaire

Voici un délicieux thriller ésotérique qui ravira les amateurs du genre. Il appartient à une série, mais on peut le lire séparément sans problème (ce qui est mon cas, je n’ai pas lu les précédents). Les personnages principaux semblent récurrents dans la série et l’auteur évoque des épisodes passés au travers des souvenirs du héros principal, Ethan Gage, ou en parlant des liens qui unissent les protagonistes de l’histoire. Il le fait de façon subtile, en disant assez pour qu’on comprenne le passé des personnages et leurs liens, mais pas suffisamment pour enlever l’envie au lecteur de découvrir les premières aventures d’Ethan.

Ce dernier est un aventurier américain, ami du président Jefferson et chargé par celui-ci de convaincre Napoléon de vendre la Louisiane aux USA. Ethan a déjà eu affaire au Premier consul lors de précédentes aventures en Egypte. Pour le moment, Ethan ne sait comment accomplir sa mission et décide d’initier trois de ses amis savants, Cuvier, Smith et Fulton (des personnages qui ont vraiment existé) aux plaisirs interdits en les emmenant au Palais Royal, qui en 1800 n’abritait pas le conseil d’Etat et les colonnes de Buren, mais le Las Vegas du moment. Les quatre amis sont attirés dans un bordel par Madame Marguerite, mais c’est un piège. Un dénommé Osiris, membre du Rite égyptien, un groupe de francs maçons dissident s’en prend à Ethan et lui propose  de se rendre à Venise pour apprendre ce qu’est devenue sa maîtresse Astiza qu’il a laissé en Egypte quelques années plus tôt et dont il est sans nouvelle. Les deux hommes se haïssent depuis longtemps et la discussion finit en bagarre, ils déclenchent un incendie sans la vouloir et Ethan et ses amis arrivent à s’enfuir. Ils sont arrêtés par Fouché, chef de la police secrète, qui les emmène voir Napoléon.

Le premier consul menace de les emprisonner pour divers crimes dont l’espionnage, à moins qu’Ethan et ses amis se lancent dans la quête d’une arme ancienne. Et voici nos quatre aventuriers embarqués pour Venise, puis Thira (Santorin), Tripoli, Syracuse, à la poursuite d’un arme antique terrible.

Il s’agit d’un roman d’aventures mettant en scène des pirates, des francs maçons illuminés et pervers, la recherche d’une arme peut -être inventée par les Atlantes, une attaque sous-marine et bien d’autres rebondissements. L’action ne s’arrête jamais et ce roman est vraiment très divertissant. Toutefois il ne faut pas s’attendre à un texte particulièrement subtil, on est dans un divertissement de type Indiana Jones, avec des méchants très méchants, à la limite de la caricature.

Sur le plan historique, l’intrigue n’est pas très vraisemblable et les deux ou trois pages de la fin qui veulent nous donner des explications scientifiques ne convaincront pas grand monde.  Dietrich procède comme Steve Berry, mais son personnage est bien moins vraisemblable que Cotton Malone.

Il ne faut pas lire ce livre pour apprendre quelque chose de nouveau, mais c’est un excellent thriller ésotérique qui surfe sur la vague des polars francs maçons. Et parmi les mystères traités par ce genre de livre, celui-ci est vraiment original, nous envoyant sur les traces d’une arme très dangereuse venue de l’Antiquité. Un super roman qui apportera beaucoup de divertissement, même s’il ne faut pas lui en demander plus. Pour les amateurs des templiers, il faut savoir que ces derniers ne jouent pas un rôle important dans cette intrigue.

L'ombre

La septième trompette, de Peter Tremayne

Chronique rédigée pour les Chroniques de l’Imaginaire

Cet épisode de la saga des aventures de Soeur Fidelma se situe début septembre 670, peu avant la fête des récoltes, il constitue la suite directe d’Un calice de sang, dont nous retrouvons la noire héroïne., quelques mois après la fin du précédant épisode.

Fidelma a renoncé à la vie religieuse. contrairement à son mari Eadulf, mais ce dernier a accepté car le bonheur de son épouse est primordial pour lui. Notre héroïne espérait être choisie comme chef brehon du royaume, c’est à dire atteindre le plus haut degré de la magistrature. Elle a échoué et depuis on ne lui confie plus aucune affaire, même mineure. Elle se morfond donc au château de Cashel en compagnie de son mari et de son fils. Son frère Colgu est amoureux d’une jeune fille aussi jolie que futile et peu intelligente. Ce choix est aussi un souci pour Fidelma qui se demande ce que le roi peut trouver à cette écervelée.  Un beau matin de la fin de l’été, notre héroïne se lève tôt pour aller se promener à cheval, elle va saluer le roi et le trouve en grande discussion avec l’abbé du royaume à propos de troubles qui se produiraient loin à l’ouest. Ils sont dérangés par un garde qui escorte un paysan. Celui-ci raconte qu’il a trouvé le corps d’un jeune noble poignardé sur sur gué qui traverse ses terres. Il n’en faut pas plus pour remettre Fidelma d’aplomb, Colgu la chargeant d’enquêter sur cette affaire.

Fidelma, Eadulf et deux guerriers se rendent auprès du cadavre du jeune homme tandis qu’un petit groupe de guerriers va s’informer sur les troubles qui secouent les confins du royaume. Fidelma pense partir pour une mission courte et tranquille, mais en essayant d’identifier le jeune homme, elle rencontrera un moine alcoolique, juste avant qu’il ne soit assassiné par son inquiétant cousin.

Elle nous entraîne au péril de sa vie dans une enquête sur un mystérieux complot se référant à la septième trompette de l’Apocalypse. Cet épisode est très bien construit, on suit la progression de l’enquête qui se déroule assez lentement, les éléments se mettent en place peu à peu et le suspense est très bien préservé, jusqu’aux toutes dernières pages où Fidelma révèle le fin mot de l’histoire lors d’une cour de justice. Il y a beaucoup de suspense, d’action et de rebondissements. Le cadre historique de l’Irlande du septième siècle est très bien décrit, surtout sous l’aspect des lois et des relations entre les clans. Malgré son titre, cette enquête parle très peu de religion, juste un peu de sa mauvaise utilisation par des politiciens sans scrupule qui manipulent des fanatiques en proie à des délires mystiques… Là aussi un thème qui ne manque pas d’actualité,

J’ai beaucoup aimé ce polar historique. La seule difficulté vient du grand nombre de personnages et de lieux aux noms tous plus imprononçables les uns que les autres et on a parfois un peu de peine à s’y retrouver. Heureusement il y a une liste des personnages et des lieux au début et on peut toujours s’y référer si on est perdu. Un très roman à ne pas manquer.

La septième