Du sang sur la glace, de Jo Nesbo

Chronique réalisée pour Les chroniques de l’Imaginaire

Il s’agit plus d’une longue nouvelle que d’un vrai roman et c’est difficile d’en parler sans en dire trop, car l’action est assez linéaire. Nous sommes dans la tête d’Olav un tueur professionnel d’Oslo. Il travaille pour Daniel Hoffman , chef local de la pègre, qui est en concurrence avec le Pêcheur pour le contrôle du trafic de drogue en Norvège. Après un travail de routine, Hoffmann lui demande de tuer sa femme qui le trompe. Olav ne tarde pas à en tomber amoureux et change ses projets pour la sauver.

Tout le roman est écrit du point de vue d’Olav, un tueur dyslexique  et poète, amoureux de la littérature et de quelques femmes. C’est un personnage très sympathique et on se prend à espérer que son projet réussisse, de toute manière, ce n’est pas lui le vrai méchant de l’histoire. Un polar très poétique, c’est plutôt rare, mais Jo Nesbo a relevé le défi avec brio. Les chapitres sont courts et l’action alterne avec les pensées et les souvenirs d’Olav.  Il rêve d’être écrivain.

L’histoire est un peu prévisible, même si le personnage principal est très attachant. L’humour noir est présent tout au long du texte. Il n’y a pas de grosses surprises, même lors du final, mais ce livre est très plaisant à lire. Il est très vite lu et il y a finalement assez peu à en dire.

Un livre assez différent de ceux auxquels nous a habitués cet auteur, mais qu’il vaut la peine de découvrir.

Du sang

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Black-out, de John Lawton

Chronique réalisée pour Les chroniques de l’Imaginaire

Nous découvrons une nouvelle série mettant en scène le lieutenant Troy, un aristocrate d’origine russe devenu policier à Scotland Yard. Il ne s’est pas brouillé avec sa famille mais a très peu de contact avec eux en dehors de son oncle Nicolas, un savant un peu fou, professeur de physique et anarchiste impénitent. Sir Alexei, le père de Troy est mort récemment. Ses opinions communistes ne l’ont pas empêché de devenir un riche magnat de la presse et de fréquenter le grand monde. Freddie, lui désire s’éloigner de ce milieu qu’il juge superficiel, il n’apprécie guère son frère Rod engagé dans l’armée de l’air et devenu chef de famille depuis la mort de leur père. Freddie est heureux de sa vie de policier, son subordonné est Jack, issu lui aussi du même milieu aristocratique.

Le roman commence au début de l’année 1944 alors que Londres est régulièrement bombardée par la Luftwaffe. Des enfants jouent dans les ruines et trouvent par hasard un bras humain. Le médecin légiste conclut qu’il s’agit d’un Allemand d’après son bouton de manchette. Le reste du corps est retrouvé calciné dans une chaudière. Les supérieurs de Freddie Troy sont peu enclins à s’occuper de cette affaire, estimant qu’un ennemi de moins n’est pas une grande perte. Toutefois le jeune policier soupçonne une affaire importante. Son ami le médecin légiste fait le lien avec un cadavre non identifié trouvé sur le bord de la Tamise avec une balle dans la tête au printemps quarante-trois. Il s’agissait aussi sûrement d’un Allemand d’après ses vêtements. Quand Troy veut examiner ce dossier, il s’aperçoit qu’il a entièrement disparu. Son enquête lui démontre rapidement que les services secrets britanniques et surtout américains sont impliqués. Les autorités font obstruction, mais certains fonctionnaires n’apprécient pas l’impunité dont jouissent les Américains et surtout leur violation constante de la souveraineté nationale, ils aident donc discrètement Freddie.

Troy démêle un écheveau bien compliqué peu à peu, il sera aidé et manipulé par des femmes. Il risque sa vie à plusieurs reprises, ne respecte pas les règles et finalement arrivera à ses fins bien plus tard.

Ce roman est très prenant et si au début on est peu perdu avec le nombres considérables de personnages issus de divers services, on peut toujours se reporter au tableau présenté en début, mais on retrouve très vite le fil de l’histoire. La présentation du cadre est très détaillée et intéressante. Le livre  parle de la vie des Anglais durant la guerre et plus particulièrement des antagonismes de classe. Troy et Jack vivent et enquêtent tant du côté des classes populaires que de leur milieu aristocratique. La gauche anglaise et les communistes en particulier sont des personnages importants du roman. Les personnages féminins sont très réussis. Jack est naïf est coincé au début du livre, mais Toska la secrétaire américaine et Lady Diana (qui n’a rien d’une rose d’Angleterre !) se chargeront de le dégourdir. La fin est tout à fait inattendue et ouverte,  l’on ne voit pas venir le criminel. Le rythme de l’histoire va crescendo tout au long des pages.

C’est un excellent polar que j’ai eu grand plaisir à découvrir.

Black out