Nous ne sommes qu’ombre et poussière, de Lindsay Faye

Chronique rédigée pour Les Chroniques de l’Imaginaire

Nous retrouvons tout d’abord Sherlock Holmes et le docteur Watson dans la campagne anglaise. Un lord les a appelés pour retrouver un bijou de famille disparu, la police locale piétine mais Sherlock résout le mystère rapidement. Toutefois la vérité met en péril l’honneur de la famille du noble campagnard qui menace tour à tour de tuer le détective puis de se suicider pour sauver les apparences. Sherlock promet de garder le silence et aide à falsifier l’enquête tout en permettant de retrouver le bijou. Tout semble aller pour le mieux, mais cette solution se révélera calamiteuse.

En octobre 1888 l’inspecteur Lestrade de Scotland Yard fait appel à son ami Holmes lorsque deux prostituées sont assassinées. La première a été lardée de trente-neuf coups de couteau après avoir tuée d’un coup de baïonnette. Durant un mois la police ne trouve aucune piste. Watson suit l’affaire dans la presse et se désole du désintérêt de son ami qui semble en pleine déprime. La deuxième femme est tuée lors d’une nuit de fête et éventrée post-mortem. Lestrade vient solliciter le célèbre détective à ce moment-là.

Sherlock Holmes sort enfin de sa léthargie et se lance sur la piste de celui que l’on n’appelle pas encore Jack l’Eventreur.

Nous revisitons toute cette célèbre affaire sous la plume du docteur Watson. Lindsay Faye a réussi un magnifique polar historique, elle a su utiliser la matière à sa disposition pour rendre ce récit très vivant. Il s’intègre très harmonieusement dans les aventures de Sherlock Holmes, le récit étant censé être fait par le docteur Watson cinquante ans après les faits.

Sherlock et son ami se lancent sur la piste du monstre avec l’aide de Miss Monk, une jeune fille qui n’a pas froid aux yeux. Ils courront de grands dangers, mais finalement Sherlock démasquera le coupable, même si le grand public n’en saura rien, et pour cause puisque l’assassin n’a jamais été identifié. La solution retenue par Lindsay Faye paraît tout à fait plausible, même si elle fait froid dans le dos.

J’aime beaucoup les aventures de ce héros et je n’ai pas du tout été dépaysée, le récit paraît bien authentique et l’auteur a pris garde d’y insérer des personnes de la saga de Holmes comme le docteur Agar ou la mention de la vie militaire de Watson qui a participé à la deuxième guerre d’Afghanistan. Outre l’hypothèse convaincante sur l’assassin, je trouve que la description de la misère des classes les plus défavorisées de la société anglaise de l’époque est très intéressante. Cette affaire a permis une prise de conscience dans la classe dirigeante et une volonté de venir en aide à ces populations abandonnées. Je ne connaissais pas bien cette affaire et j’ai été plutôt surprise de voir que le terrible Jack n’a en fait tué que cinq femmes, ce qui fait un bien maigre bilan pour le plus célèbre tueur en série de l’Histoire, surtout si on le compare avec ses successeurs américains.

J’ai lu ce livre avec un immense plaisir et je ne peux que le recommander chaleureusement.

Nous ne sommes

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