Mes coups de coeurs 2013

Comme tout le monde, je fais des bilans et je prends de bonnes résolutions au début de chaque nouvelle année. A vrai dire, je ne prends plus beaucoup de bonnes résolutions, vu que je les oublie vite. Toutefois, comme je lis beaucoup je voulais quand même essayer de marquer les livres que j’ai le plus aimés durant l’année écoulée après avoir lu avec intérêt le bilan de ma copine Belette.

Vu la longueur de la liste, je les ai classés par catégorie. Commençons par ceux qui m’ont le plus fait rire et sourire, j’ai beaucoup aimé l’humour décalé et assez noir de La vieille qui voulait tuer le Bon Dieu de Nadine Monfils et des Contes désenchantés de David Bry:

La vieille qui voulait tuer le bon Dieu  Contes désenchantés

Passons de l’humour noir aux romans carrément noirs. J’ai aimé ces ambiances pas très gaies, qui nous présentent une Amérique plutôt sinistres. Ce sont en particulier La clé de verre de Dashiel Hammett, le maître du genre, à ne pas rater et La demeure éternelle de William Gay, que j’ai finalement beaucoup aimé après réflexion. La contrée immobile de Tom Drury est un roman plus poétique que noir, malgré son classement par l’éditeur, c’est un livre très onirique, même s’il finit très mal.

La clé de verre La demeure éternelle La contrée immobile

Pour les polars américains et anglo-saxons, mes préférences vont à Val Mc Dermid et son Au lieu d’exécution, qui nous réserve un retournement de situation et une vengeance particulièrement sanglante dans la campagne anglaise des années 1960.Voodoo land de Nick Stone nous présente une facette particulièrement effrayante de Miami avec un flic  courageux et peu scrupuleux, mais qui est prêt à faire respecter la justice quitte à contourner les lois. Triple crossing de Sebastian Rotella nous fait pénétrer dans la corruption qui gangrène le Mexique. Et enfin le magnifique Galveston de Nick Pizzolato, qui nous présente un personnage lumineux même si c’est un hors la loi, pour une découverte du Texas bien loin des clichés.

Au lieu d'exécution Voodoo Land Triple crossing Galveston

Pour les polars historiques, un tout grand coup de coeur à La pierre de sang de Paul Doherty, qui nous propose un superbe voyage dans le Londres d’autrefois, dépaysement garanti et personnages très attachants. J’ai aussi beaucoup aimé Opération Cyclope de Claude d’Abzac, qui nous fait connaître des épisodes méconnus de la Libération, je suis impatiente de découvrir la suite des aventures du colonel Lanveau.

La pierre de sang Opération cyclope

Pour les polars nordiques, j’ai  beaucoup aimé Je sais qui tu es de Yrsa Sigurdardottir, lu récemment. Il est délicieusement effrayant et les fans de Stephen King devraient l’apprécier. Mais le gros coup de coeur va à Vidar Sunstol et le magnifique premier volume de la trilogie du Minesota, Terre des rêves. C’est un polar envoutant, poétique, onirique, qui nous fait réfléchir à nos racines et aux secrets de famille dans un paysage à couper le souffle. C’est un de mes livres vraiment préférés de l’année et je me réjouis de découvrir la suite sous peu. Si vous deviez n’en retenir qu’un seul de ma liste, c’est celui à ne pas manquer.

Je sais qui tu es Terre des rêves

Et enfin, un gros polar qui nous fait visiter le milieu marseillais en compagnie d’un parrain bien sympathique et d’une inspectrice amoureuse de lui. Encore un incontournable de l’année à ne rater sous aucun prétexte, j’ai nommé Le diptique marseillais de Franz Olivier Giesbert. Ne vous laissez pas effrayer par l’épaisseur du pavé, on ne peut plus le lâcher une fois qu’on l’a commencé.

Diptyque marseillais

 

 

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Balade mégalithique

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J’ai eu la chance de participer le week end dernier à une excursion organisée par le Musée d’Yverdon dans le cadre de son exposition sur les mégalithes.

J’ai déjà participé à des conférences et j’ai raté la fête préhistorique organisée pour l’équinoxe d’automne, mais je ne voulais manquer pour rien au monde cette excursion organisée par des archéologues réputés.

Comme je vous le disais dans mon article sur les lacustres, notre région a été habitée très tôt. Par conséquent, l’on retrouve de nombreux vestiges lors des travaux pour construire les routes, autoroutes ou voies de chemin de fer, mais aussi lors des constructions de bâtiments. Il y eu beaucoup de mégalithes érigés par nos compatriotes du néolithique (entre 6000 et 2000 av JC), donc avant mes amis les lacustres.

Notre région était un lieu de passage et présentait un habitat favorable, il y avait des abris rocheux, des forêts et des sources, sans oublier le lac, qui n’était pas exploité à l’époque, même si on  peut s’imaginer qu’il y avait déjà des amoureux qui admiraient le coucher du soleil main dans la main dans ce passé lointain.

Nous avons visité 5 sites mégalithiques, certains très célèbres d’autres à peine découverts et pas encore connus du public en compagnie des archéologues responsables des fouilles.

C’était bien sûr passionnant.

Nous avons commencé par ce superbe dolmen:

Les dolmens étaient des tombes collectives qui servaient sur plusieurs générations…. et pas des maisons de Fées comme je le croyais quand j’étais petite. Celui ci a été retrouvé à 35 m de son emplacement actuel,  lors des travaux de construction de la voie ferrée rail 2000. Il a été découvert par hasard abattu et il manquait 3 dalles que l’on a pu reconstituer grâce à leur fosse d’implantation. Il est orienté sud est et a servi entre 2600 et 2200 av J-C, selon les poteries découvertes  près de lui. Il est dans l’axe du soleil lors de son lever  au solstice d’hiver. Nul ne sait pourquoi il a été abattu vers 2200 et enterré sous le futur tracé du train. Ce site est d’une richesse exceptionnelle avec plus de 2500 vestiges archéologiques s’étendant de 6000 av J-C  au Moyen Age avec une canalisation permettant d’amener l’eau au village actuel en contrebas.

Le dolmen a été reconstitué tel qu’on le voit aujourd’hui il y a 15 ans à la demande de la commune.  Il devait avoir le même aspect à l’époque, hormis le trou d’entrée qui devait être recouvert par une porte.

Nous sommes allés voir ensuite ces 4 ménhirs qui eux n’ont jamais bougé et ont toujours été vus des populations locales…. sauf que celui du nord ouest a disparu au 19ième siècle et selon la mode de l’époque le site a été reconstitué. Il semble que ce 4ième ménhir était bien documenté et que la reconstitution a été faite « juste ». Les auteurs  ont aussi eu l’honnêteté de le signaler par une inscription gravée sur le nouveau mégalithe (En haut à gauche sur la photo).  L’archéologie moderne en a découvert un 5ième dans le champ voisin, enfoui sous terre… et destiné à y rester pour très longtemps encore.

Le suivant a aussi été découvert il y a 20 ans lors du réaménagement de la ligne de chemin de fer.  Il est situé à 8 km du dolmen.  Il était aussi abattu et a été redressé à la demande de la commune. Sa particularité est d’être couvert de cupules (qu’on ne voit pas sur la photo, il faut une lumière rasante) et de porter une ceinture sur tout son pourtour, ce qui a été fait par des hommes, peut être pour des raisons cultuelles. Ce ménhir a aussi été abattu à la même période que le dolmen. On ne sait pas vraiment pourquoi, mais c’est peut être que ces monuments avaient perdu leur usage cultuel,  culturel ou autre et qu’ils gênaient dans les champs…  ce qui est bien compréhensible, donc on les a enlevés et recouverts de terre.

Nous sommes allés ensuite sur un site qui vient d’être découvert l’hiver dernier lors de la préparation du terrain pour construire un immeuble. Il est cassé en deux et se trouvait aussi recouvert de terre. Les fouilles entreprises lors de cette découverte ont démontré qu’il s’agit d’un site mineur et sans importance archéologique particulière. Comme aucun musée ne voulait de ce ménhir très banal, les propriétaires du futur immeuble le mettront dans le jardin avec la bénédiction des autorités.

Notre ballade s’est achevée par la visite d’un autre site composé de  3 groupes de mégalithes (je n’ai pas vu le  3ième… c’était l’heure de l’apéro! et j’en avais un peu marre de crapahuter dans la forêt du Devens!).

Pour le premier groupe, on ne sait pas encore s’il s’agit vraiment de ménhirs comme le dit la tradition populaire ou seulement de blocs erratiques laissés par le glacier du Rhône autrefois.  Il n’y a pas le budget pour ces recherches et un examen extérieur ne permet pas, même à des spécialistes, de trancher.

Le second est un magnifique ménhir qui date sans doute aussi des années 3000 à 2500 av JC. Il est très connu dans la région, semble-t’il depuis toujours. Malheureusement au 19ième siècle, les mégalithes ont eu leur heure de gloire et des personnes aux méthodes douteuses ont procédé à des fouilles sauvages. Ce ménhir  a été victime d’un médecin de la région qui a causé d’importantes dégradations au patrimoine.  Il a fouillé de nombreux sites mégalithique ou lacustres qui foisonnent dans la région. Il n’avait pas les connaissances archéologiques nécessaires (même pour son époque), a pratiqué d’innombrables fouilles sauvages dans ses moments de loisirs, mais il n’a rien documenté et a vendu tout ce qu’il trouvait à de riches Américains ou Anglais.  Ainsi le ménhir du Devens fouillé par les archéologues modernes n’a rien pu révéler de sa période de construction ou de son usage, mais tout porte à croire qu’il date de la même époque. Comme le terrain alentour n’a jamais été défriché, il est resté dans la forêt, bien en dehors du village, ce qui lui a sans doute valu de rester debout depuis plus de 50 siècles. La petite pierre sur laquelle se penche la dame à la veste blanche est le petit autel dont je parle ci-dessous.

J’espère vous avoir fait partager ma passion des mégalithes. Cette excursion était aussi passionnante en ce qu’elle nous a fait réfléchir à notre rapport au passé. Si notre civilisation moderne et post hippie voue un certain culte à ces monuments,il n’en  a pas toujours été ainsi. Il y a moins de 2 siècles, on y voyait surtout un moyen de s’enrichir en vendant les objets trouvés, tandis qu’à la fin du néolithique, ils étaient juste devenus des grosses pierres qui dérangeaient les paysans. Et maintenant, on les reconstitue, on organise des fêtes près d’eux. C’est sans doute notre besoin de reconstruire par le discours ce que le temps a laissé échapper pour toujours et de s’accrocher à des racines, fussent-elles tout à fait mythiques.

Pour terminer voici une photo d’un autel situé à côté du grand ménhir du Devens.  La photo n’est pas très claire, vu le manque de lumière à cette heure assez tardive pour la  saison. Mais on voit clairement des offrandes végétales disposées sur cette pierre. Les archéologues  nous ont confirmés que les mouvements néo druidiques et des adeptes des religions naturelles viennent régulièrement déposer des offrandes sur cette pierre. Il y a des végétaux de la forêt comme des glands et des baies de sorbier, mais aussi des fruits qu’on ne voit pas sur la photo (pomme et raisin).

J’ai trouvé cela à la fois dérisoire, car c’est méconnaître la distance incommensurable qui nous sépare de l’époque néolithique où les ménhirs étaient en fonction et d’ailleurs  on ignore leur fonction réelle (on ne le saura sans doute jamais).  Et je trouve cela aussi touchant, car ça témoigne de la volonté d’établir un lien spirituel avec nos si lointains  ancêtres. C’est aussi la volonté poétique de réenchanter notre monde si terre à terre. Et après tout  ce ménhir est peut être un lieu de culte païen depuis toujours, une sorte culte secret qui se perpétuerait depuis la nuit des temps. Après tout ce n’est pas plus stupide que de chercher l’arche d’alliance ou l’or des templiers à Rennes le Château.

Dans le train du retour, je n’ai pu m’empêcher de rêver qu’une Fée  -verte peut être-  viendrait  à la nuit tombée chercher les offrandes déposées pour elle sur ce joli autel.

Les Lacustres

Comme je vous l’ai annoncé sur Monde de Bulles, en lien avec mon savon lacustre, je vous présente plus en détail le thème des Lacustres, très cher au cœur des Suisses.

J’aime beaucoup ma région, mon lac et j’ai toujours été impressionnée de penser que les habitants s’y succèdent depuis des millénaires. J’ai lu autrefois la trilogie de Max Gallo sur l’histoire de la ville de Nice intitulée La baie des Anges, qui retrace l’histoire de la ville de la préhistoire à 1945. J’aimerais avoir son talent pour raconter ma région depuis l’époque lacustre jusqu’à aujourd’hui. Comme ce n’est pas le cas, je me contente de mon savon lacustre, dont j’avoue être plutôt satisfaite et de cet article.

Je suis partie de ma perception subjective du peuple lacustre, ancêtre des Suisses d’aujourd’hui lorsque j’ai décidé de faire ce savon dans la série des savons du terroirs. Je ne m’étais jamais documenté de façon sérieuse sur le sujet avant, mais j’avais des croyances puisque les Lacustres, comme je l’ai dit dans l’autre article accompagnent les Suisses, je suis allée visiter les villages reconstitués, j’ai été plonger sur certains sites comme beaucoup de gens car il y en a plein sur le pourtour du lac et tous ne sont pas préservés. Pour résumer les croyances populaires sur les lacustres, ce sont nos ancêtres, un peuple pacifique et travailleur qui vivait sur des plateformes au-dessus du lac en pratiquant la pêche et l’agriculture. Ce peuple vivait en autarcie et ne se battait pas contre ses voisins car il était imprégné d’un idéal de paix.

Pour savoir quoi mettre dans mon savon, j’ai lu plusieurs livres sur les lacustres, notamment ceux de Marc Antoine Kaeser : Les Lacustres, archéologie et mythe national ainsi que : les Lacustres, vision d’une civilisation engloutie. Et celui de Matthieu Honnegger : , Site de, la Tène bilan des connaissances et état de la question.

Comme vous vous en doutez, ces ouvrages scientifiques ont sérieusement remis en cause mes croyances sur le sujet.

Les premiers sites lacustres ont été découverts sur les rives du lac de Zurich en 1854. L’engouement pour ce peuple sorti de la nuit des temps a été immédiat. On fait des recherches dans tout le pays pour trouver d’autres sites semblables et on en a découvert quantité sur tous les bords des lacs et des marécages en Suisse, mais aussi dans tout l’arc alpin, en Italie, Autriche, Allemagne et France. A ce moment-là, la Suisse sortait d’une guerre civile, la Confédération était un jeune Etat fragile et menacé de toutes parts, à l’intérieur comme à l’extérieur. Il manquait surtout d’unité. Nous n’avions pas d’ancêtres glorieux auxquels nous identifier, comme les Français aux Gaulois ou les Allemands aux Germains. Il y a bien eu les Helvètes, mais ce peuple a été défait par César, pas vraiment des exemples à suivre.

Et là arrivent les lacustres, sortis de la nuit des temps. On a trouvé des quantités impressionnantes d’outils, de céramiques, de bijoux et autres objets de la vie quotidienne très bien conservés par la boue. Le sujet devient à la mode d’abord chez les intellectuels, puis chez les bourgeois et même dans les classes les plus populaires. Les objets lacustres ont la cote, il y a des peintures lacustres, des pièces de théâtre lacustres, des romans etc.

Dans les décennies suivant leur découverte, les Lacustres deviennent les ancêtres pacifiques, travailleurs, prévoyants, solidaires et égalitaires dont les Suisses ont besoin pour former leur unité. Ainsi la Suisse a toujours existé et les aléas de l’histoire présente ne sont que des péripéties mineures sans importance pour un si vieux peuple. Les conservateurs et les progressistes trouvent du grain à moudre chez les lacustres et tout le monde est heureux de s’identifier à ces prestigieux ancêtres.

Kaeser, archéologue de renon et directeur du Laténium, étudie les variations du mythe au cours de l’histoire de

la Suisse des 150 dernières années. L’image que l’on se fait de ce peuple correspond aux besoins politiques et idéologiques – au sens large – de la Suisse. Ainsi en 1860, les lacustres sont pacifiques et travailleur, après 1870 et en particulier durant les deux guerres mondiales, ils sont des guerriers intrépides qui se sacrifient pour leur pays, plus tard, ils sont devenus des hippies qui vivaient en autarcie en élevant leur bétail et maintenant ils sont les ancêtres des écologistes qui vivaient en harmonie avec la nature sans en abuser.

Les civilisations englouties fascinent, c’est ce qu’on retrouve dans le mythe de l’Atlantide ou de la ville d’Ys. C’est ce qui explique que les Lacustres ont connu un tel succès et qu’on organise encore des fêtes lacustres de nos jours. Comme je vous l’ai dit, il se trouve encore de nombreuses personnes qui se rassemblent en tenue lacustre pour participer à un festival et personne ne se sent ridicule, on a plutôt l’impression de communier avec nos ancêtres. Il est amusant de voir aussi le lien avec les hippies.

Voilà pour l’aspect sociologique.

Parlons un peu de l’aspect scientifique. On sait maintenant que les lacustres ne sont pas spécifiques à la Suisse , mais se trouvent sur tout le pourtour alpin, d’ailleurs on ne parle plus de site lacustres mais palfitiques et d’habitat en milieu humide, que l’on retrouve à dans de nombreuses régions du globe.

La Suisse a fait une demande pour inscrire ses sites au patrimoine de l’humanité, un livre doit sortir prochainement sur le sujet, toujours par les mêmes spécialistes, donc il n’est pas près de passer de mode.

Je vous donne quelques dates sur l’occupation des rives du lac de Neuchâtel :

5200-5000 : premiers sites néolithique en CH

4500-4000 : Premiers alignements de ménhirs en CH romande

4300 : premiers villages lacustres en CH

3700 : début de la métalurgie du cuivre en CH

3200-2400 : accroissement démographique important, le réseau de villages se resserre et fortifications des sites avec des palissades de pieux

2400 Première grande phase d’abandon des rivages lacustres jusqu’en 1800

2200 : début de l’age du bronze en CH. Le commerce sur de grandes distances se développe beaucoup.

1800- 1500 : deuxième phase d’occupation des rives

1075 : Début de la troisième phase d’occupation des rives. Forte pression démographique, villages de plusieurs centaines d’habitants

850-750 Dégradation climatique hausse importante des crues

800 : abandon des derniers villages lacustres et début de l’âge de fer

450-15 : période de la Tène

Voici un résumé succinct de cette longue histoire lacustre.

Je n’habite pas bien loin du site de la Tène , qui a donné son nom au deuxième âge du fer européen, je suis souvent allée m’y baigner. Je voulais d’abord aller chercher de l’eau et des galets sur ce site, ou du moins à côté, car le site moderne est plus en avant sur le lac que le site antique, en effet le niveau du lac a changé et certains terrains ont été remblayés pour gagner sur le lac, comme par exemple les Jeunes-Rives qui n’existent que depuis 25 ans environ.

Je me suis renseignée sur le site de la Tène et j’ai appris avec surprise et une certaine horreur qu’il s’agissait d’un site sacrificiel, en particulier de sacrifices humains. Comme quoi nous avons une mémoire bien sélective, il faut vraiment s’intéresser de près à nos ancêtres pour apprendre qu’ils pratiquaient les sacrifices humains, comme les autres Celtes de l’époque. Certes il ne s’agissait pas de sacrifice en masse comme le faisaient les Mayas, mais on a retrouvé nombre de restes humains sacrifiés sur le site de la Tène.Mais cet aspect est réservé aux spécialistes ou aux curieux, on ne met pas en avant cet aspect peu glorieux dans le mythe lacustre si populaire sur les rives de nos lacs.

Je suis aussi étonnée comme les lieux n’ont pas de mémoire. La Tène est aujourd’hui un lieu de loisirs, avec un camping, une jolie plage de sable (la seule de la rive nord du lac), un tennis, un restaurant etc. C’est un lieu très prisé des mères de famille, car l’eau est peu profonde sur une très grande surface, idéale pour les enfants. Et pourtant il y a environ 2500 ans on y sacrifiait des êtres humains. Je pense que plus personne ne le sait, sinon on n’y enverrait pas les enfants y jouer. Certains lieux de culte sont restés connus, comme les nombreux ménihrs de la région, mais là plus aucune trace de ces actes peu glorieux.

Donc vous comprendrez que j’aie préféré récolté l’eau et les galets du savon sur une rive construite artificiellement il y a un quart de siècle, plutôt que sur le lieu originel sur lequel on sacrifiait des êtres humains.

J’espère ne pas vous avoir trop ennuyées avec ma passion des lacustres