Les aventuriers de la mer, (Intégrale), de Robin Hobb

Chronique réalisée pour Les chroniques de l’Imaginaire

Voici un livre qui change grandement de mes habitudes de lecture.

Tome 1 : Le vaisseau magique : Dans cette première partie nous assistons surtout à la mise en place de l’intrigue et du décor, tous deux très riches et variés. Cette histoire se passe dans le même monde que L’assassin royal, mais pas sur le même continent. Nous suivons les aventures de la famille Vestrit, de riches marchands. Ils possèdent une vivenef pas encore éveillée. Il s’agit d’un bateau magique qui intègre la mémoire de ses capitaines et interagit avec eux, mais pour cela il faut que trois générations de capitaine soient morts sur le pont. Et justement son capitaine actuel est sur le point de mourir. Keffria et Althéa ses deux filles  espèrent toutes deux hériter du bateau. Althéa a beaucoup navigué avec son père et estime qu’il lui revient de droit, mais Ephron décide de léguer le bateau à sa soeur Keffria, mariée à Kyle, un homme odieux, antipathique et surtout prêt à tout pour arriver à ses fins. Nous suivons les nombreux personnages du livre et assistons aux différentes intrigues qui déchirent la famille Vestrit autour de la possession du bateau magique. Nous rencontrerons aussi des serpents de mer affamés de chair humaine et Kennit, un homme ambitieux qui aspire à devenir roi des pirates, mais pour cela il lui faut une vivenef.

Tome 2 : Le navire aux esclaves : Kyle est désormais maître de la vivenef. Il se révèle tyrannique et destructeur. Il décide de se lancer dans  le trafic d’esclaves. Sa femme Keffria et la mère de celle-ci commence à douter de Kyle lorsqu’il exige de leur fils Hiémain qu’il abandonne sa formation de prêtre pour devenir marin, il le séquestre d’ailleurs sur le navire. Les relations père-fils sont des plus tendues et le jeune homme refuse aussi d’entrer en contact avec la vivenef qui vient de s’éveiller. Quant à sa soeur Malta, elle n’en fait qu’à sa tête sans se soucier des conséquences pour le reste de la famille. Althéa veut prouver qu’elle est un vrai marin et s’est déguisée en homme pour s’engager comme mousse sur un navire abattoir. Kennit devient un héros malgré lui lorsqu’il délivre les esclaves de Kyle. Cette partie permet de nouveaux développements aux aventures de la famille Vestrit. Nous rencontrons de nouveaux personnages dont nous pressentons qu’ils vont jouer un rôle important plus loin dans la saga.

Tome 3 : La conquête de la liberté : La bataille des égos fait toujours rage dans la famille Vestrit, chacun veut imposer sa volonté aux autres et ceci les mène aux portes de la ruine. Kyle ne supporte pas la passivité de son fils et le malmène cruellement.  Sa fille Malta joue à des jeux dangereux qui la dépassent, et toute la famille risque d’être détruite à cause d’elle. Althéa est toujours dans l’action et ne prend aucun recul, quant à Kennit le pirate il a été blessé par un serpent de mer et ne peut réaliser son rêve. Vivacia, le bateau magique en a marre de cette famille et décide de devenir autonome.

Cet univers est très riche, les descriptions des villes portuaires intéressantes et variés. Les personnages sont très complexes et il y a beaucoup d’actions. Ce livre a vraiment tout pour enchanter les amateurs du genre. J’en ai fait partie autrefois et je désirais connaître l’univers de cet auteur très réputée, mais j’avoue que je n’ai pas accroché à ces aventures pas très réalistes et j’ai trouvé ce livre assez indigeste. Mais il s’agit d’un bon livre de fantasy, c’est seulement mes goûts qui ont évolué.

les aventuriers

Douce nuit maudite nuit, de Seth Grahame- Smith

Chronique réalisée pour Les chroniques de l’Imaginaire

J’étais impatiente de découvrir ce roman, mais au final j’ai été bien déçue.

Balthazar, un jeune voleur syrien surnommé le Spectre d’Antioche s’enfuit à travers le désert de Judée avec l’armée à ses trousses. Il fanfaronne, persuadé que son chameau est jeune, en pleine forme et capable de distancer ses poursuivants. Mais une nouvelle fois il a parié sur le mauvais cheval, si l’on peut dire. Le matin il a pillé le palais d’un notable romain tyrannique dans une ville voisine, sûr de bénéficier de la complicité, ou pour le moins de la passivité de la jeune fille de la victime qu’il pensait avoir séduite. Mais la demoiselle a donné l’alerte et notre héros finira dans un cachot du roi Hérode le jour même après une rude bataille .

Le même jour, Joseph et son épouse Marie, sur le point d’accoucher cheminent en direction de Bethléem afin de s’inscrire au recensement, ils ne trouveront pas de place à l’auberge, mais dans une modeste étable où Marie donnera naissance à son fils.

En prison, Balthazar rencontre Gaspard et Melchior, il organise une évasion audacieuse et voici nos trois voleurs devenus mages, fuyant la prison d’Hérode et attirés par une étoile très brillante arrêtée dans un petit village. C’est ainsi que les mages, pas encore rois rencontreront Marie, Joseph et leur bébé.

Seth Grahame-Smith récrit le récit de la Nativité et nous conte les deux premières semaines de vie de Jésus. Deux semaines d’aventures et de batailles mettant en scène les mages, la sainte famille, Hérode et Ponce Pilate entre autres, sans oublier un magicien particulièrement maléfique. Le récit oscille entre épopée fantasy avec ses batailles sanglantes, la lutte du bien contre le mal, Dieu contre la magie, entre récit fantastique avec les interventions miraculeuses de Dieu et les mauvais tours du magicien et entre roman historique inclassable. Je l’ai trouvé vraiment très indigeste, les deux cent premières pages sont remplies de batailles, de sang, de violence avec des personnages totalement caricaturaux et sans épaisseur, conformes à leur légende, même si le cadre n’est pas tout à fait traditionnel.

Passé la page deux cent, les deux principaux personnages, Joseph et Balthazar prennent soudain vie. Ils deviennent des hommes rongés par le doute et travaillés par les question existentielles. Une piste intéressante s’ouvre et l’on reprend intérêt à ce récit chahuté. Malheureusement, cette piste  sera peu exploitée avant le magnifique et bref dernier chapitre du livre qui lui donne une épaisseur. On retourne aux scènes de batailles et de torture avec un Hérode plus pervers que jamais. Durant tout le livre, Jésus ne fait que dormir dans les bras de Marie, même si on peut lui attribuer quelques miracles, du moins à son Père céleste.

L’évolution de Joseph et de Balthazar sont les pistes les plus intéressantes du livre, malheureusement trop peu utilisées par l’auteur, qui a préféré nous livrer une épopée assez peu convaincante et plutôt rocambolesque. Heureusement que le dernier chapitre vient relever le niveau de ce livre pas franchement intéressant ni passionnant. Je me rends bien compte qu’il est difficile d’écrire un récit où tant de paramètres sont connus d’avance, mais je ne trouve pas que l’auteur a réussi à relever le défi. La grande violence et les descriptions sadiques trop présentes dans ce roman m’ont dérangée au plus haut point.

Douce nuit

Le lion, la sorcière blanche et l’armoire magique, de C.S. Lewis

Chronique réalisée pour les Chroniques de l’Imaginaire

Ce roman est le deuxième volet, et le plus connu de Le monde de Narnia. C’est aussi de loin le meilleur des sept livres qui composent cette oeuvre.

Peter, Edmund, Susan et Lucy sont envoyés chez un vieux professeur pour les vacances durant la dernière guerre pour les protéger des bombardements de Londres. Il habite une vieille et étrange maison perdue dans la campagne. Les enfants sont livrés à eux-mêmes et libres de faire ce qu’ils veulent. Un jour de pluie, ils visitent les recoins de la maison et Lucy a l’idée de se cacher dans l’armoire d’une chambre d’amis pour faire une farce aux autres. L’armoire est pleine de manteaux de fourrure sur deux rangs et derrière la petite fille découvre une forêt en hiver. Elle fait quelque pas dans la neige et se trouve devant un réverbère allumé. Lucy rencontre ensuite M.Tumnus, un faune qui l’emmène goûter chez lui. Il la met en garde contre un grand danger et la raccompagne au réverbère. A son retour, Lucy raconte son aventure à ses frères et sa soeur, mais comme il ne s’est pas écoulé de temps depuis qu’ils sont sortis de la chambre, ils ne la croient pas et cela devient un sujet de dispute entre eux.

Quelques jours plus tard, Lucy retourne à Narnia et trouve la maison de M. Tumnus dévastée, sans doute par la Sorcière, et aucune trace du faune. Edmund est un enfant méchant et mesquin. Il suit Lucy de loin et rencontre la Sorcière blanche qui le séduit avec des loukoums magiques. Il prend son parti contre celui d’Aslan et complote pour livrer ses frère et soeurs à la reine de Narnia.

Après quelques semaines, les quatre enfants se cachent une fois de plus dans l’armoire et partent explorer le pays dans lequel règne un éternel hiver, mais Aslan les attend et ils vivront de grandes aventures.

J’avais lu ce livre il y a plusieurs années et j’étais impatiente de le relire, mais je n’y ai pas retrouvé la magie d’autrefois. Sans doute parce qu’à force de lire, on devient plus critique. J’ai trouvé que le style avait mal vieilli, notamment le méta-langage avec lequel le narrateur commente parfois le déroulement de l’action ou les débuts de chapitres où il donne des explications inutiles, comme par exemple: « Et maintenant, allons voir ce que devient Edmund » etc. Mais il faut se rappeler que ce livre est destiné à de jeunes lecteurs bien moins exigeant sur le style. Les illustrations sont vieillottes aussi, on a vraiment l’impression d’être dans les années 1940 dans lesquelles le livre se déroule. Mais là encore, les illustrateurs de fantasy ont crée des mondes visuels tellement oniriques depuis que la comparaison ne plaide pas en faveur de ce livre.

On a beaucoup écrit sur les thèmes chrétiens présents dans ce roman et il est évident qu’Aslan est une figure christique, tandis qu’Edmund incarne le pécheur par excellence. Edmund est un traître et Aslan accepte de mourir à sa place. Son sacrifice vaincra la mort et Aslan ressuscitera (le lendemain toutefois et pas le troisième jour). D’ailleurs l’image du lion est une des représentations traditionnelles du Christ (Lion de Juda et Lion à l’Agneau).

Le style convient mieux à de jeunes lecteurs qu’à des adultes, car certaines lourdeurs sont dérangeantes, mais tout amateur de fantasy devrait lire une fois ou l’autre ce livre, écrit par un ami de Tolkien.

Le monde de Narnia

Contes désenchantés, de David Bry

Vous trouverez cette chronique et beaucoup d’autres ici.

Voici un délicieux petit livre qu’il faut absolument découvrir, c’est un petit bijou d’humour (plutôt noir) et de décalage qui joue sur nos attentes et nos présupposés. Il est difficile d’en parler sans trop en dévoiler.

Ce livre présente trois niveaux de récits entremêlés, qui se passent dans une époque indéterminée, sans doute un moyen âge mythique comme on en voit dans les romans de fantasy. Le premier niveau concerne la quête que mène le bon roi Léo qui veut trouver la pierre philosophale. Et justement l’un de ses espions l’a trouvée et doit la lui livrer lors du prochain marché de printemps, mais son cousin ne l’entend pas de cette oreille et va tout faire pour s’emparer de la fameuse pierre et ensuite du royaume.

Le deuxième niveau parle d’un groupe de troubadours et autres conteurs qui se trouvent dans une auberge de campagne, ils racontent un conte chacun leur tour et interagissent avec les clients de l’auberge. Entre chaque conte, on fait un passage à l’auberge où il se passe différentes choses, qui culmineront dans l’avant dernier chapitre. Théoric, un voyageur se joint à la petite troupe en racontant trois contes.

Le dernier niveau est celui des contes eux-mêmes. Ils sont rédigés en italique et sont racontés par chacun des personnages à tour de rôle. Ils font une dizaine de pages et commencent le plus souvent comme des contes traditionnels, mais leur chute est toute différente. Ils dérapent vers le tragique, le glauque, l’humour noir et en tous les cas vers l’inattendu. Il y a quelque chose de Stephen King dans ces petits récits. Je ne veux pas vous en dire trop pour ne pas ternir votre plaisir de lecture, mais sachez que ces contes vous feront rencontrer des princesses (pimbêche ou malheureuse), des chevaliers peu galants, des rois cyniques à souhait, des sorcières, un dragon, une licorne, des pucelles et toutes une faune magique pour un voyage, qui, pour désenchanté qu’il soit n’en reste pas moins enchanteur.

Un gros coup de coeur pour ce livre original à l’humour décapant.

contes désenchantés

Les treize mondes, de Claire Ponard

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Ce très joli roman jeunesse nous emmène en voyage au pays des Fées.  Il commence comme un conte de fées traditionnel, nous avons Syleena une petite fille malheureuse qui vit dans un village. Elle a été adoptée, ses parents l’ont trouvée au bord de la forêt et l’ont recueillie avec l’espoir de la revendre plus tard comme servante. Mais elle est maigrichonne et ils ne savent qu’en faire. Elle est malaimée et malheureuse, son seul plaisir consistant à se promener dans la forêt épaisse qui borde le village et où personne n’ose s’aventurer. Un jour elle va même dans la partie interdite  du bois et prend peur quand elle voit une drôle d’ombre près d’un arbre. Elle s’affole, se perd et rentre à la maison au milieu de la nuit. Ses parents en ont assez d’elle et estiment qu’il est temps pour Syleena d’aller consulter l’Aïeule, la vieille sage du village âgée de près de 200 ans.

La vieille dame lui raconte la légende la forêt et lui révèle qu’elle est une fée. Elle sait déjà que Syleena est allée dans la partie interdite de la forêt, car elle est chargée par la reine des Fées de veiller sur elle. Elle lui dit de retourner dans la clairière interdite et de ne pas avoir peur de ce qui s’y passera. La petite obéit et une fée vient lui révéler que sa mère est la princesse des fées. Elle est autrefois tombée amoureuse d’un humain, ce qui est bien sûr interdit. Pour la punir, elle a été enfermée dans une fontaine et ne pourra en sortir que lorsque Syleena, sa fille aura réussi la Quête des treize mondes, qu’aucun héros n’a jamais mené à bien. C’est ainsi que la fillette et Oozie, sa préceptrice fée partent explorer les 12 autres mondes de l’univers.

On passe de l’un à l’autre en passant à travers un miroir. Les deux amies traversent des mondes symboliques et dans chacun d’eux, elles doivent aider quelqu’un ou résoudre une énigme.  Leurs aventures sont bon enfant et ce livre est plein de bons sentiments, les méchants ne sont pas vraiment méchants et redeviennent gentils grâce à Syleena.

Ce livre ne réserve pas beaucoup de surprise, les mondes traversés ont tous un côté enfantin et naïf, on n’est pas dans un récit mythologique riche comme ça peut être le cas de certain roman fantasy jeunesse. Mais c’est un livre qui parle à l’enfant qui est en nous.

J’ai beaucoup apprécié ce voyage tendre et naïf. Par contre ce que je n’ai pas aimé du tout, ce sont les innombrables fautes de frappe, d’orthographe et même de grammaire qui sont vraiment dérangeantes. On pourrait croire que le livre n’a pas été relu avant d’être publié. C’est d’autant plus dommage qu’il s’adresse à des enfants à qui il faudrait montrer l’exemple. Cette quête est pleine de clichés, mais sait parler à notre coeur d’enfant.

Druide, d’Oliver Peru

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Voici un livre qui a connu un grand succès et que j’avais hâte de découvrir à mon tour et en effet son succès est largement mérité, c’est un des meilleurs romans de fantasy que j’aie jamais lu.

Obrigan, un druide de l’ordre du loup est appelé dans la ville de Wishneight pour enquêter sur le massacre sanglant de 49 guerriers. Le roi Yllas déteste son voisin, le roi du Rahimir, les deux royaumes sautent sur le moindre prétexte pour se faire la guerre et Yllas pense que ses voisins sont coupables du massacre, ce dont il compte bien les punir. Obrigan, accompagné de ses deux jeunes apprentis obtient un délai de trois semaines pour démasquer le vrai coupable. Au cours de son enquête il se rend compte que son univers et son ordre sont basés sur un mensonge. Il doit percer un secret ancestral pour préserver la paix fragile entre les deux royaumes. Un passé honteux remonte brutalement à la surface et se déchaîne. Des assassins aux yeux  jaunes traquent Obrigan dans la forêt. Les druides devront se battre pour sauver leur monde.

On suit l’enquête du druide au cours de ce roman mi-fantasy, mi-thriller plein de rebondissements. Les seuls personnages du livre sont des hommes, il n’y a pas de magicien, de dragon ou autre créature imaginaire, ce qui change agréablement de la fantasy classique. Les personnages sont très travaillés et surtout ne sont pas manichéens, il n’y a pas les bons d’un côté et les méchants de l’autre, j’ai beaucoup apprécié cet aspect-là qui manque souvent dans les romans de fantasy.

Le lecteur est pris dans l’ambiance mystérieuse de ce roman, il a l’impression de vivre l’enquête en même temps que les héros. Certaines scènes sont très sanglantes, mais cela ne m’a pas dérangée. Peru n’a pas tiré tout le potentiel de certains personnages, très développés dans la première partie et qui disparaissent ensuite presque complètement du récit, mais n’oublions pas que c’est un premier roman.

C’est un gros coup de coeur que je vous recommande chaleureusement.

Séléné et le pouvoir de la lune, de Sandra Rastoll

Je remercie Mon petit éditeur qui m’a proposé un partenariat pour ce livre. Cela fait toujours plaisir .

Il s’agit d’un livre destiné à un public adolescent. Il raconte l’histoire de Séléné, une petite fille qui vit dans les Alpes françaises. Elle est née à minuit un soir de pleine lune et vit avec sa mère célibataire et sa grand mère.

L es deux femmes se disputent souvent pour savoir s’il faut révéler leur secret à l’enfant. La veille de son neuvième anniversaire,  Célestia, la Grande Sage de la Cité blanche les informe que le moment est venu.

Lors de sa fête d’anniversaire, Séléné est connectée à la Lune, sa planète. Elle apprend qu’elle est un Avatar et qu’elle s’est réincarnée sur terre pour aider l’humanité. Durant les vacances d’été, elle part en stage dans la Cité blanche et rencontre les autres Avatars. Ils connaîtront diverses aventures et finiront bien sûr par sauver la terre et l’harmonie des Mondes.

C’est un moment de lecture agréable. L’intrigue est certes assez prévisible, mais les jeunes filles à qui le livre est destiné seront bien sûr beaucoup moins sensible à cet aspect que des adultes dévoreurs de livres. C’est un récit plein d’émotion et de tendresse.

Au niveau de la forme, j’ai regretté que l’on ne change pas de paragraphe quand on change de plan. Une fois qu’on est bien entré dans l’histoire, c’est moins gênant, mais au début on ne sait plus si on est dans la Cité blanche ou sur terre.

Le golem, d’Isaac Bashevis Singer

J’aime beaucoup cet auteur, né en 1902 à Varsovie et mort à Miami en 1991. Il a reçu le prix Nobel de littérature en 1978 pour son oeuvre écrite en yiddish. Je n’aime pas les challenges et autres défis, mais lorsque j’ai vu que Mazel organisait une lecture commune de ce petit livre dans le cadre de son challenge littérature juive, je n’ai pas résisté. En plus il s’agit vraiment d’un petit livre de 77  pages.

Singer a écrit des romans, des nouvelles et des contes pour les enfants, le Golem appartient à cette dernière catégorie.

L’auteur nous raconte une légende traditionnelle de la culture yiddish, dont le héros est Rabbi Leib, (ou Loew selon une autre orthographe)  le Maharal de Prague.  Singer en fait un conte très touchant où il dénonce les injustices et les persécutions subies par la communauté juive à la fin du 16 ème siècle. Rabbi Leib (1512-1609)  est un des plus importants  penseurs du judaïsme de cette époque, la légende du Golem lui est liée.

Un comte perd sa fortune au jeu et veut faire un emprunt au banquier Eliezer Polner, mais celui-ci refuse car le comte lui doit déjà beaucoup d’argent et est insolvable. Le comte se venge en l’accusant du meurtre rituel de sa fille, la petite Hanka.

Rabbi Leib est désespéré de voir une nouvelle fois un juif accusé à tort et craint de nouvelles persécutions contre sa communauté. Alors qu’il prie, un messager divin lui dit de créer un golem qui aidera les Juifs. Il façonne donc un géant avec de l’argile et de la terre glaise, puis lui donne vie en gravant le nom divin sur son front.

Il lui ordonne de retrouver la petite fille, ce que le Golem réussit sans difficulté, le comte est confondu et le banquier innocenté.

La femme du Rabbi le persuade de demander au Golem de l’aider à déterrer un vieux trésor enfoui dans le jardin, afin de porter secours aux pauvres. Le Golem refuse, mais à partir de ce moment, Rabbi Leib perd le contrôle sur sa créature qui n’en fait qu’à sa tête, il tombera même amoureux d’une jeune fille.

Au début le style de ce conte m’a vraiment déroutée, nous sommes  dans une écriture très simple destinée à des enfants, mais on se laisse peu à peu emporté par cette histoire qui dit que Dieu protège son peuple et ne laisse pas n’importe quelle injustice se commettre. C’est aussi un hymne à l’amour avec ce Golem amoureux de la jeune Myriam, qui se jettera dans la rivière à la mort de son ami d’argile.

Nous ne sommes pas dans une histoire horrible ou macabre, comme ce pourrait être le cas avec un géant d’argile doué de vie, mais dans un conte plein de fraîcheur et de tendresse.

La chronique des Féals, de Matthieu Gaborit

J’ai lu ce livre dans le cadre d’un partenariat et d’une lecture commune organisé par Book en stock, un blog qui permet d’être au courant de l’actualité éditoriale dans le domaine des littératures de l’imaginaire (SF, fantasy) et des thrillers. Nous étions 11 personnes à lire ce livre très beau offert par les éditions Bragelone, que je remercie.

Ce volume rassemble l’intégrale de la trilogie de Matthieu Gaborit. Il nous emmène dans un monde peuplé de guerriers et de créatures magique au coeur d’un combat entre le bien et le mal, ce qui est un schéma très classique dans les livres de fantasy.

Januel est orphelin et a été recueilli par la guilde des phéniciers, des moines chargés de veiller sur les Phénix. Ces derniers sont un des Féals du M’onde. Les Féals sont des créatures magiques (Licornes, Pégases, Tarasques etc) qui ont chacune donné naissance à un royaume et à une civilisation. Les phéniciers veillent à la renaissance périodique des Phénix et forgent des épées particulièrement redoutables.

A 17 ans, Januel est hanté par des cauchemars liés à son passé et ne se remet pas de la mort de sa mère, tuée par les Charognards issus du royaume des Morts, qui sont les grand méchants du livre. Il se sent coupable de ne pas avoir pu la sauver et pense être un apprenti médiocre. Mais c’est lui qui est désigné pour procéder à la renaissance du Phénix impérial lors de l’anniversaire de l’empereur. Il découvre à cette occasion que l’empire est en guerre contre la Charogne et que les choses ne sont pas aussi simples qu’il l’imaginait.

La renaissance du phénix impérial tourne à la catastrophe et l’oiseau de feu tue l’empereur. Januel est évidemment accusé du meurtre,  mais il arrive à s’enfuir avec l’aide de Scende, une mercenaire draguéenne. Après diverses aventures, ils rejoignent la capitale où Januel veut s’expliquer auprès des maîtres de la Guilde Mère.

Il apprend qu’il est le fils de l’Onde (principe du bien) et qu’il a été crée dans le but de détruire la Charogne (principe du mal) . Les charognards arrivent à entrer dans la tour de la Guilde-Mère et les maîtres se sacrifient pour sauver Januel, qui prend le pouvoir sur la Guilde.

Il doit terminer sa formation en Caladre où les moines doivent lui apprendre à maîtriser le Fiel qui habite  le coeur du Phénix. Januel part donc avec Scende et Tshan l’archer noir pour rejoindre cette contrée. Mais la guerre entre le M’onde et la Charogne fait rage et Januel  arrivera jamais à destination.

Le roman se termine par une hécatombe générale et un dénouement totalement inattendu.

Le héros principal est d’abord peu intéressant, c’est un adolescent naïf et surtout très très gentil, et au fil des pages il devient de plus en plus autoritaire et teigneux, pour devenir carrément très antipathique. Les personnages secondaires sont  plus intéressants et complexes que lui (Scende, Tshan et le mère de Januel). Par rapport à d’autres ouvrages de ce genre, l’univers des Féals est facilement accessible.

J’ai un avis assez mitigé sur cet ouvrage, j’ai aimé les aventures des héros, les personnages secondaires de la saga mais je n’ai pas aimé les longues descriptions des combats que l’ont trouve principalement dans le prologue et dans la troisième partie.  J’ai apprécié le côté non manichéen des personnages qui ont tous du bon et du mauvais en eux . Le livre finit très mal et Januel se rend compte qu’il n’a été qu’un jouet aux mains de puissances qui le dépassaient. La conclusion n’en est pas une et on referme le livre avec beaucoup de questions et peu de réponses. Il y a beaucoup de stéréotypes et certains évènements sont ultra-prévisibles, mais ce livre reste un moment de lecture agréable.

Une autre lecture possible de ce roman serait d’y voir l’évolution spirituelle et psychologique de Januel qui passe de l’enfance (effacé, très gentil et naïf) à l’adolescence (conflits, caractère prétentieux et teigneux, veut se faire remarquer etc.) puis enfin à l’âge adulte où il a intégré et accepté les conflits avec ses parents et la partie sombre de lui-même, le tout raconté sous la forme d’une longue fable de 600 pages. Cette lecture me paraît plus intéressante, mais il s’agit de mon interprétation, je ne suis pas sûre que Gaborit a voulu aller dans ce sens.

 

Les héros de la vallée, de Jonathan Stroud

J’ai envie de vous parler d’un roman d’héroïc fantasy de Jonathan Stroud,  Les héros de la vallée, paru chez Albin Michel en 2009. Il est destiné à la jeunesse selon l’éditeur, mais il est classé parmi d’autres livres de science-fiction dans la section dédiée à ce genre dans la bibliothèque de notre ville, parmi les livres pour adultes.

C’est un gros bouquin de près de 500 pages, mais il se lit très facilement, pour autant que l’on aime ce genre de roman. Il nous raconte l’histoire d’Halli Sveinsson, un adolescent petit et laid qui vit dans une vallée perdue. Cette vallée a été autrefois conquise de haute lutte par les 12 héros, qui se sont souvent battus entre eux, mais ce sont unis pour combattre les Trâles, des animaux monstrueux qui vivent sous terre et mangent de la chair humaine. Les 12 héros sont morts dans la bataille et depuis leurs descendants, vivent dans une paix idyllique, la vallée est divisée en 12 maisonnées, la guerre est interdite, de même que les armes, les conflits sont interdits aussi et quand ils éclatent quand même,  ils se règlent par des arbitrages.

Dans ce monde idyllique, les descendants des héros sont à la tête de grandes exploitations agricoles. Les enfants sont élevés dans le culte des héros d’autrefois et chacun, enfants comme adultes, croit dur comme fer à leur légende dorée. Cette vie de paysan déplaît à Halli qui rêve d’être un héros comme son ancêtre Svein, dont on lui a appris qu’il était le plus grand des 12 héros.

Lors d’une soirée arrosée,  le chef d’une autre maisonnée tue Brodir l’oncle d’Halli. Ce dernier s’enfuit de la ferme familiale pour aller le venger. C’est le début d’un long voyage qui fera éclater le monde idyllique de la vallée et permettra au jeune héros de devenir un adulte, de s’affranchir des mythes et des tabous de son univers et de rencontrer l’amour. Fort de ces découvertes il peut entreprendre un nouveau voyage vers la liberté.

Image se trouvant sur la couverture du livre