Les tables des Templiers, d’Adrian Dawson

Chronique réalisée pour Les chroniques de l’Imaginaire

L’inspecteur Nick Lambert est en colère, il revient du tribunal où deux trafiquants de drogue viennent d’être remis en liberté grâce à des avocats grassement payés, mais il s’attendait à cela et les a passés à tabac durant leur garde à vue tant leur insolence lui porte sur les nerfs. Son chef est furieux et l’envoie sur une autre affaire s’occuper des corvées. On a retrouvé un cadavre tatoué et nu derrière un supermarché chinois, victime de ce qui semble être une exécution par un professionnel. L’homme avait un texte en latin, des dollars et l’adresse d’une jeune fille hospitalisée dans une institution psychiatrique dans un sachet plastique enfoncé dans son anus. Nick est chargé d’aller interroger la jeune fille et lui demander son avis sur le texte en latin. Il se rend dans l’hôpital délabré où elle est et affronte tout d’abord le Dr Creed, le directeur qui se moque de lui. Les deux hommes se détestent depuis que le médecin a violé et tué une jeune patiente, mais il a réussi à ne pas être inquiété par la justice, ce qui a rendu Nick particulièrement furieux. Maggie l’infirmière l’informe que la jeune Tina est autiste,  incapable de parler et qu’il ne faut pas la bousculer, mais qu’elle a une soeur. Sarah  vient souvent la voir et  pourrait peut être répondre à ses questions. Nick part donc à la recherche de Sarah et la trouve dans une boite de nuit louche, elle est punk et il doute d’en tirer quoi que ce soit. Mais il se trompe lourdement, Sarah l’emmène chez lui et lui montre comment décrypter le texte.

Nick ne sait s’il doit croire Sarah ou si elle s’est moquée de lui. Entre temps le cadavre nu a disparu, deux policiers ont été tués et la police de Los Angeles a été dessaisie de l’affaire au bénéfice de la CIA ou d’une autre agence du même acabit ce qui enrage le chef de Nick.

Au même moment en Russie Klein, un scientifique américain a trouvé et déterré la météorite qui s’est écrasée en 1908 en Sibérie.

Nick désobéit à son chef une fois de plus et celui-ci lui l’oblige à prendre des vacances durant quinze jours ce qui est une suspension déguisée.  Nick décide de poursuivre l’enquête dans le sud de la France pour tirer au clair les affirmations de Sarah. Laquelle apparaît sur le parking du commissariat avec deux billets d’avion pour la France au moment où Nick partait. Et voici nos héros sur les traces du trésor des templiers, pas moins que l’arche de l’alliance.

Résumé ainsi le début de ce thriller paraît limpide, mais il ne l’est pas du tout en réalité. Le voyage dans le temps est l’un des thèmes essentiels du livre et le texte n’est pas du tout chronologique. Il commence par une séquence complètement anachronique avec un Templier baptiste au douzième siècle  et là on se dit que ça commence fort avec un auteur aussi nul en histoire, suivie par une scène bizarre et inquiétante dans un cimetière en 2024. On suit en parallèle l’équipe de Klein depuis la découverte de la météorite en Sibérie en 2011 jusqu’en 2043 et l’enquête de Nick et Sarah en 2011. Le début est complètement embrouillé et il faut un tiers du livre pour qu’il commence à devenir intéressant.

Au fur et à mesure on comprend qui sont Alison et Sarah et le livre se termine avec la même scène dans le cimetière, mais cette fois elle est claire et compréhensible. On retrouve tous les ingrédients nécessaires à un thriller ésotérique, avec les Templiers (présents seulement dans la première scène et le titre ), Poussin, Teniers, l’Arcadie, les tables de l’Alliance etc. Le thème est à la mode et le projet de l’auteur original. Malheureusement la réalisation n’est pas à la hauteur de son ambition, il y a trop de discussions scientifiques, on passe sans cesse d’une époque à l’autre et la thématique le plus développée est celle du voyage dans le temps et de l’impossibilité de changer le passé quoi qu’on fasse. Il y a aussi beaucoup de longueurs et on ne sait pas trop ce que deviennent certains personnages et quels sont leur plan, en particulier Klein. C’est dommage car ce thriller aurait pu être beaucoup plus passionnant sans ses nombreux défauts. La fin par contre est très belle et émouvante.

Tables

 

 

Le règne des Illuminati, d’Eric Giacometti & Jacques Ravenne

Chronique réalisée pour les chroniques de l’imaginaire

Le commissaire Marcas est en congé sabbatique en Afrique et il est plutôt déprimé, mais heureusement pour lui le très charismatique Abbé Emmanuel engagé dans l’humanitaire et l’aide aux SDF se fait assassiner à Paris. L’enquête révèle que l’homme d’église appartient à une toute petite loge maçonnique marginale et peu connue et que des personnalités pourraient y être mêlées. La juge Hélène Gardane se sent un peu dépassée et s’en ouvre à un de ses amis maçon. Ce dernier lui conseille de confier cette enquête au commissaire Marcas qui a du temps étant en congé  et qui est aussi franc-maçon.

Et voici notre commissaire lancé dans une enquête sur une société secrète qu’on croyait disparue mais dont tout le monde parle, les célébrissimes Illuminati. L’action se déroule entre Paris et San Francisco, elle nous permet de revisiter l’histoire américaine, en particulier l’assassinat de Kennedy.  Les cadavres s’amoncellent, l’action est soutenue  et malgré quelques longueurs et redites on ne s’ennuie jamais. Ce type de thriller fait la part belle à la théorie du complot, toutefois cet opus est moins ésotérique que d’autres dans la série.

Une des particularités des aventures du commissaire Marcas est de développer deux intrigues en parallèle, une dans le passé et une contemporaine, reliées entre elles.  Ce voyage nous emmène dans la France de la Révolution. Hannibal Ferragus est le pendant de Marcas. Il est policier et franc-maçon à la fin de la Terreur, il doit mener une très délicate enquête sur un crime qu’il résoudra avec brio et qui lui fera rencontrer les personnalités de l’époque, en particulier Robespierre et le docteur Guillotin. Cette intrigue est vraiment passionnante et apporte un plus au roman.

Ce polar est passionnant et nous fait réfléchir aux moyens de communication et à la manipulation des esprit, Et si notre très cher super téléphone était en fait notre pire ennemi ?

Ce neuvième opus de la série est très abouti et ne manquera pas de séduire les amateurs de thrillers ésotériques.

règne des illu

Le secret interdit, de Bernard Simonay

Chronique réalisée pour Les Chroniques de l’Imaginaire

Le livre commence par la préparation d’un attentat dans un avion. Un homme n’hésite pas à tuer cent vingt passagers dont des enfants pour éliminer sa cible, dont on ignore tout, en plus il compte faire porter le chapeau à un syndicaliste dépressif qui se trouve aussi à bord. Nous suivons Karen, sa fille Salomée huit ans et leur voisine de siège Sarah de l’embarquement à l’écrasement de l’avion.

Un an plus tard, Kevin, un écrivain américain spécialisé dans les livres de marine part faire une croisière sur son voilier pour oublier la femme qui vient de le quitter alors qu’il en est amoureux fou. Mais la malchance le poursuit et il doit se réfugier dans un petit port de Floride pour échapper à une grosse tempête. Les vents se déchaînent et il surveille son voilier avec inquiétude depuis la capitainerie. Son bateau est amarré à côté d’un grand yacht tout blanc duquel une aura émane et protège ses petits voisins. Quand la tempête se calme, Kevin et le capitaine s’approchent du grand yacht pour observer le phénomène. Un homme se tient sur le pont mais se volatilise dès leur arrivée. Le capitaine a reconnu Paul Falcon le propriétaire du navire qui se trouve pourtant dans sa propriété des Rocheuses à ce moment.

Falcon est un marchand d’art discret et Kevin se rend chez lui pour l’interroger sur le phénomène. L’homme se montre évasif dans un premier temps et lui propose de le revoir le lendemain. A ce moment l’armée attaque la propriété de Falcon et Kevin assiste à une terrible bataille avant de se réveiller à l’hôpital.

Kevin reçoit ensuite de mystérieuses lettres signées d’un hiéroglyphe, il se lance dans un étrange jeu de piste qui va bouleverser toute sa vie.

Ce livre nous emmène à la poursuite des grands mystères de l’Histoire à la suite de Kevin et Alexandra. C’est un de ces romans que l’on ne peut lâcher et de fait je l’ai lu en deux jours et terminé à quatre heures du matin. Il est tout à fait passionnant, mais en même temps totalement attendu. Finalement les thrillers ésotériques tournent toujours autour des mêmes mystères. Mais c’est comme en cuisine, avec les mêmes ingrédients, on peut faire une grande variété de recettes différentes.  J’avoue être très friande de ces thématiques et prête à déguster du Templier, du dieu égyptien ou saint Brendan à toutes les sauces. Bernard Simonay nous a mitonné un délicieux et consistant petit plat. Ce livre se veut l’épilogue de la série Les enfants de l’Atlantide, mais peut être lu indépendamment. Toutefois les fans de la série se retrouvent tout de suite en terrain de connaissance. A un moment donné il y a un vrai suspense et l’on ne sait plus qui est le méchant de Paul Falcon ou de William Sheridan le directeur du FBI.

Ce livre véhicule aussi un message spirituel et écologiste, appelant notre génération à se montrer enfin responsable dans la gestion des ressources naturelles.

Ce roman est une réussite qui ne peut qu’enchanter les amateurs de mystères ésotériques, même s’il ne seront pas totalement surpris à la fin.

Le secret

S comme survivre , de Douglas Preston et Lincoln Child

Chronique réalisée pour les chroniques de l’Imaginaire

Nous retrouvons Gideon Crew pour le troisième volet de ses aventures et là le niveau monte d’un cran, j’ai vraiment retrouvé ce que j’aime dans les thrillers de ces deux auteurs, c’est vraiment le plus réussi de la série et les amis de Pendergast y sont moins dépaysés.

Gideon est rappelé par son ex-patron, Eli Glinn qui lui confie la mission d’aller voler une page d’un vieux livre irlandais exposé dans un musée de New York. Il s’agit en réalité d’un palimpseste qui cache une carte permettant d’accéder à une île inconnue sur laquelle pousse une plante qui permettrait de fabriquer un remède universel. Gidéon et Eli, tous deux en très mauvaise santé sont intéressés au plus haut point par cette plante. Notre aventurier part dans les Caraïbes avec Amy, sa nouvelle partenaire, encore plus intrépide que lui, ce qui n’est pas peu dire.  Leur voyage n’a rien d’une croisière d’agrément, ils rencontrent des trafiquants en tous genre (drogue, armes), des gangsters et des chasseurs de trésors plein de mauvaises intentions. Ils se trouveront même face à une créature mythologique dangereuse et très misanthrope.

On retrouve ici le mélange du thriller et du fantastique qui est un des charmes de la série des Pendergast. Preston & Child font preuve d’une imagination débordante pour notre plus grand plaisir. On est pris dans l’intrigue qui paraît très plausible, du moins on aimerait fortement y croire. Les personnages sont plus développés que dans les deux premiers opus de la série, ils prennent de l’épaisseur et on comprend mieux leur passé.  Ce roman fait le lien avec d’autres oeuvres des mêmes auteurs. Eli Glinn était le héros de Ice limit où son égoïsme a causé un naufrage catastrophique et la mort de presque tous les membres de l’expédition, on voit ici qu’il n’a pas vraiment changé. A l’occasion il aide aussi Pendergast, ce qui en fait un pivot de le l’univers de Preston & Child.

L’aspect le plus intéressant de ce thriller est la relecture  de l‘Odyssée d‘Homère, qui prend une dimension nouvelle et passionnante. Faire un thriller contemporain avec ce vieux mythe est vraiment une idée géniale qui m’a séduite. Tant le thème du terrorisme islamique du  tome précédant m’avait peu intéressée, c’est bien sûr d’une actualité brûlante, mais un peu trop présent dans les polars en ce moment, tant cette chasse au trésor sur une île inconnue m’a plu. Un des thèmes est l’écologie et la façon dont nous exploitons les ressources limitées de la planète et là aussi les réflexions des auteurs sont très pertinentes.

J’ai vraiment retrouvé un thriller de Preston & Child tel que je les aime, Gideon est toujours un peu Indiana Jones, mais ça passe nettement mieux, ne manquent que l’inspecteur Pendergast et Vincent Da Costa pour que mon bonheur soit parfait, mais les héros des deux principales séries vont bien finir par se rencontrer. D’ailleurs le livre se termine sur l’annonce de la suite des aventures de Gideon et je suis déjà impatiente de les connaître. S comme

 

L’ombre des templiers, de William Dietrich

Chronique réalisée pour les Chroniques de l’imaginaire

Voici un délicieux thriller ésotérique qui ravira les amateurs du genre. Il appartient à une série, mais on peut le lire séparément sans problème (ce qui est mon cas, je n’ai pas lu les précédents). Les personnages principaux semblent récurrents dans la série et l’auteur évoque des épisodes passés au travers des souvenirs du héros principal, Ethan Gage, ou en parlant des liens qui unissent les protagonistes de l’histoire. Il le fait de façon subtile, en disant assez pour qu’on comprenne le passé des personnages et leurs liens, mais pas suffisamment pour enlever l’envie au lecteur de découvrir les premières aventures d’Ethan.

Ce dernier est un aventurier américain, ami du président Jefferson et chargé par celui-ci de convaincre Napoléon de vendre la Louisiane aux USA. Ethan a déjà eu affaire au Premier consul lors de précédentes aventures en Egypte. Pour le moment, Ethan ne sait comment accomplir sa mission et décide d’initier trois de ses amis savants, Cuvier, Smith et Fulton (des personnages qui ont vraiment existé) aux plaisirs interdits en les emmenant au Palais Royal, qui en 1800 n’abritait pas le conseil d’Etat et les colonnes de Buren, mais le Las Vegas du moment. Les quatre amis sont attirés dans un bordel par Madame Marguerite, mais c’est un piège. Un dénommé Osiris, membre du Rite égyptien, un groupe de francs maçons dissident s’en prend à Ethan et lui propose  de se rendre à Venise pour apprendre ce qu’est devenue sa maîtresse Astiza qu’il a laissé en Egypte quelques années plus tôt et dont il est sans nouvelle. Les deux hommes se haïssent depuis longtemps et la discussion finit en bagarre, ils déclenchent un incendie sans la vouloir et Ethan et ses amis arrivent à s’enfuir. Ils sont arrêtés par Fouché, chef de la police secrète, qui les emmène voir Napoléon.

Le premier consul menace de les emprisonner pour divers crimes dont l’espionnage, à moins qu’Ethan et ses amis se lancent dans la quête d’une arme ancienne. Et voici nos quatre aventuriers embarqués pour Venise, puis Thira (Santorin), Tripoli, Syracuse, à la poursuite d’un arme antique terrible.

Il s’agit d’un roman d’aventures mettant en scène des pirates, des francs maçons illuminés et pervers, la recherche d’une arme peut -être inventée par les Atlantes, une attaque sous-marine et bien d’autres rebondissements. L’action ne s’arrête jamais et ce roman est vraiment très divertissant. Toutefois il ne faut pas s’attendre à un texte particulièrement subtil, on est dans un divertissement de type Indiana Jones, avec des méchants très méchants, à la limite de la caricature.

Sur le plan historique, l’intrigue n’est pas très vraisemblable et les deux ou trois pages de la fin qui veulent nous donner des explications scientifiques ne convaincront pas grand monde.  Dietrich procède comme Steve Berry, mais son personnage est bien moins vraisemblable que Cotton Malone.

Il ne faut pas lire ce livre pour apprendre quelque chose de nouveau, mais c’est un excellent thriller ésotérique qui surfe sur la vague des polars francs maçons. Et parmi les mystères traités par ce genre de livre, celui-ci est vraiment original, nous envoyant sur les traces d’une arme très dangereuse venue de l’Antiquité. Un super roman qui apportera beaucoup de divertissement, même s’il ne faut pas lui en demander plus. Pour les amateurs des templiers, il faut savoir que ces derniers ne jouent pas un rôle important dans cette intrigue.

L'ombre

Le temple de Jérusalem, de Steve Berry

Sous le titre, une citation du Washington Post l’annonce comme  » le meilleur Berry« , comme je ne les ai encore pas tous lus, je ne peux me prononcer, mais il est certain que ce thriller est particulièrement excellent et va vous tenir en haleine tout au long de ses cinq cent cinquante pages.

Steve Berry excelle à manipuler les grandes énigmes de l’Histoire et à nous présenter des histoires qui semblent si proches de la vérité que l’on a on a envie de les croire. Cette fois, nous voici embarqués dans la recherche du trésor perdu du Temple de Jérusalem, dont la trace se perd dans la Rome antique du premier siècle après Jésus Christ.  Cotton Malone ne sera pas du voyage cette fois-ci, ce livre s’inscrivant en dehors de la série phare de l’auteur. Toutefois, nous retrouverons Stephanie Nelle et un autre de ses agents.

Tom Sagan est sur le point de se suicider. C’était un journaliste d’investigation reconnu huit ans auparavant. Puis il a été accusé d’avoir inventé de toutes pièces un article sur le conflit israélo-arabe. Comme il n’enregistrait pas ses sources, il n’a pas pu attester de sa bonne foi et il a perdu son emploi, son amie, son prix Pulitzer et surtout sa crédibilité. Depuis il vit reclus dans sa propriété de Floride, un homme l’a abordé une fois dans une librairie pour lui dire qu’on lui avait tendu un piège, mais qu’on ne le laisserait pas rebondir dans sa carrière. Il a écrit depuis plusieurs livres en tant que nègre. Sa vie personnelle n’est guère plus brillante: Il est en conflit depuis plus de dix ans avec sa fille, après l’avoir été durant vingt ans avec son père, il a trompé sa femme qui a demandé le divorce et lorsque celle-ci est morte dans un accident de la route, sa fille Alle l’a chassé de l’enterrement. Il s’apprête à se suicider au moment où un homme vient l’interrompre pour lui montrer une vidéo sur laquelle il voit Alle attachée sur un lit et tripotée par des brigands. Simon lui annonce que sa fille sera relâchée s’il lui remet un paquet enterré avec son père Abiram, mais que s’il refuse, elle sera violée puis tuée.

Malgré leurs relations exécrables, il veut la sauver et accepte de retrouver Simon le lendemain au cimetière pour exhumer son père. Mais le lendemain l’homme n’est pas au rendez-vous, il a envoyé une avocate récupérer le paquet, que Tom refuse de lui remettre tant qu’il n’a pas la preuve qu’Alle a été libérée. Rendez-vous est donc fixé pour le surlendemain dans la cathédrale de Vienne.

Mais Tom ne sait pas encore que sa fille travaille avec Simon et que la vidéo n’est qu’une comédie. Toutefois Alle est bien naïve et ne se rend pas compte que Simon n’est pas celui qu’il prétend être, mais un homme violent et sans scrupule qui n’hésitera pas à la tuer dès qu’il n’aura plus besoin d’elle.

Nous faisons aussi connaissance de Bené Rowe, un riche planteur de café jamaïcain, qui est aussi un chef de la mafia locale. Il a quelques amis et beaucoup d’ennemis. Il appartient à la communauté marron, des descendants d’esclaves. Les membres de son peuple le craignent, ils profitent de son argent, mais ne l’aiment pas. Son obsession est de trouver une mine d’or perdue légendaire, il s’est associé avec Simon pour cela, croyant que l’Autrichien cherche aussi cette mine.

En fait Simon cherche le trésor du temple de Jérusalem. Tom se lance à sa poursuite pensant sauver sa fille, ce qui nous vaut une aventure passionnante et palpitante.

Nous visiterons en compagnie des héros du livre les hauts lieux du judaïsme européen et quelques îles des Caraïbes au cours d’un thriller palpitant où le vrai trésor recherché est l’identité plus que des trésors matériels. Un des aspects les plus intéressants des livres de Steve Berry est toujours le dernier chapitre où l’auteur démêle le vrai du faux. Ici on peut dire que le thème du roman est traité de façon très documentée comme toujours et très convaincante.

Le temple de Jérusalem

 

Le testament des Templiers La dixième chambre, de Glenn Cooper

Chronique réalisée pour les Chroniques de l’Imaginaire.

Je pensais lire un nouveau thriller sur les Templiers et leur trésor ; et ce roman m’a agréablement surprise car il est beaucoup plus vaste que cela. Les Templiers font finalement une brève apparition et sont loin d’être le sujet principal du livre. J’ai beaucoup  entendu parler de Glenn Cooper et je n’ai pas été déçue par ce polar ésotérique.

Après un incendie à l’abbaye de Ruac, un village imaginaire situé près de Sarlat, dans le sud de la France, on trouve un vieux manuscrit du quatorzième siècle. L’abbé le confie, ainsi que d’autres à Hugo Pineau pour qu’il les restaure. Hugo fait appelle à son ami Luc Simard, un archéologue pour découvrir l’origine et le mystère de ce livre entièrement écrit dans une langue codée et rédigé par un moine qui dit être âgé de deux cent vingt ans. Il y raconte la découverte d’une grotte qui a changé toute sa vie. Le fameux manuscrit date de 1307, année où Philippe le Bel arrêta les Templiers et les déclara hors la loi. Les deux héros du livre, Hugo et Luc espèrent trouver enfin le secret ultime et le trésor des Templiers.

Leurs recherches leur permettent de découvrir assez rapidement une vaste galerie souterraine truffée de cavernes sous le village. Au fond de ce réseau se trouve une caverne préhistorique magnifiquement décorée, plus grande et bien mieux conservée que celle de Lascaux dans la même région. Mais cette découverte ne plaît ni aux habitants du village, ni à la DGSE chargée de surveiller les faits et gestes des archéologues. Et là on bascule vraiment dans le thriller, on fera tout pour les empêcher d’aller au bout de leurs recherches.

Je ne vais pas vous en dire trop pour ne pas éventer le suspense et le secret, qui n’est pas le moins crédible de ceux que les auteurs de thrillers ésotériques savent si bien inventer pour notre plus grand plaisir. Ce qui caractérise ce roman, ce sont les passages et les allers-retours entre trois époques, la nôtre bien sûr, le Moyen âge avec Bernard de Clairvaux, le dernier Père de l’Eglise qui milite pour la reconnaissance de l’ordre du Temple au douzième siècle, puis prêche la deuxième croisade. Nous y rencontrerons aussi Abélard et Héloïse, les amants maudits et leur tragique histoire, à côté de laquelle les chicaneries de Luc et de Sarah, son ex, qui est aussi la paléo-botaniste du groupe font bien maigre figure. Mais les Templiers font une apparition assez fugace dans le livre et la partie la plus intéressante est celle qui est consacrée au clan du bison qui vivait trente mille ans avant notre ère dans la région. La reconstitution de leur vie est tout à fait passionnante, même si elle est forcément romancée. La description des travaux archéologiques et de la découverte de la caverne est particulièrement intéressante.

Si les thrillers qui nous mettent sur la piste de mystères médiévaux et templiers sont légions depuis quelques années, celui-ci est original en faisant remonter l’origine du mystère d’un bon nombre de millénaires. C’est un livre qu’on ne lâche plus après l’avoir commencé. Les personnages et l’intrigue sont bien construits et nous font passer un excellent moment.

Le testament des Templiers