Dandy, de Richard Krawiec

Chronique réalisée pour Les chroniques de l’Imaginaire

Ce roman noir nous plonge au milieu des années quatre vingt à l’époque de Reagan et du capitalisme triomphant, des débuts de la mondialisation.

Artie est un petit cambrioleur, paumé et presque clochard, il a des rêves plein la tête, mais seulement des plans foireux pour les réaliser. Il aimerait posséder toutes ces belles choses tant vantées par la publicité, mais la vie ne l’a pas gâté et tout va de mal en pis. Un soir il rencontre Jolene dans une boite minable. Elle est seule avec Dandy son fils de deux ans qui est malade, il va devenir aveugle s’il n’est pas opéré rapidement, mais comme sa mère n’a pas d’assurance maladie elle doit trouver deux mille dollars. Elle non plus n’a pas été gâtée par la vie, elle se produit dans un spectacle de catch féminin où les lutteuses sont à moitié nue dans une fosse pleine de gelée sous les acclamations obscènes des spectateurs ivres.

Jolene et Artie décident de vivre ensemble, ils s’aiment à leur façon maladroite, ils veulent s’en sortir mais ne font que s’enfoncer dans la misère et l’échec. Leur histoire n’a rien d’un conte de fées, c’est l’envers du rêve américain, la vie des laissés pour compte de la prospérité.

Les héros sont mal partis dans la vie et n’ont pas les ressources nécessaires pour pouvoir briser la spirale infernale qui les mène toujours plus bas vers le néant. Artie est révolté et se demande qui est responsable de son échec, lui, ses parents ou cette société implacable ?

Ce roman est d’une grande actualité avec le capitalisme sauvage qui a largement débordé les USA et fait des ravages partout dans le monde générant toujours plus d’exclus et de sans-espoir.

dandy

La petite sauvage, de Jean Zimmerman

Chronique réalisée pour Les chroniques de l’Imaginaire

Jean Zimmerman s’est donné pour mission de retracer l’histoire de New York à différentes époques à travers un cycle de polars historiques. Le premier volet de la série Le maître des orphelins se passait au moment où la petite colonie hollandaise devenait anglaise à la fin du dix-septième siècle. Il n’y a pas de liens entre les deux livres, hormis le lieu et ils peuvent se lire séparément sans problème. Les personnages de cet opus ne sont pas présentés comme des descendants des héros précédents et il n’y a aucune allusion au passé de la ville.

Nous avions quitté un tout petit bourg campagnard et nous voici deux siècles plus tard en 1876.  Le narrateur de cette histoire est le jeune Hugo Delegate, fils d’une famille richissime de Manhattan. Il attend la police au domicile de son ami Bev qu’il a peut être assassiné, à moins que ça ne soit sa soeur adoptive. Il ne sait plus où il en est, il a été soigné à plusieurs reprises pour de la neurasthénie, mais derrière ce terme vague, le lecteur moderne pense tout de suite à la schizophrénie, maladie encore inconnue à l’époque. Hugo est arrêté et incarcéré, mais dès le matin deux avocats d’un célèbre cabinet viennent le voir et offrir leurs services. Hugo est confus et pressent que l’arrivée des juristes a été demandée par son père Freddy en voyage à Londres au moment des faits. Les deux hommes interrogent le jeune homme et lui font raconter toute l’histoire depuis le début, c’est à dire depuis le printemps précédant et le voyage dans l’ouest de la famille.

Le roman se divise en trois parties, la première raconte avec moult détails pittoresques le voyage de la famille Delegate à Virginia City où Freddy possède des mines d’argent. Il en a seulement hérité, c’est son frère Sonny qui les a découvertes et exploitées, mais Sonny est mort. Il était le fils chéri de la famille et leur père n’a pas survécu à la perte de son fils préféré, celui à qui tout réussissait.  Freddy est fabuleusement riche, c’est un homme charmant mais incompétent. Une de ses passions consiste à s’entourer de personnages étranges, c’est ainsi que le Berdache (un Indien travesti) et Tu-Li une servante chinoise sont entrés dans la famille et sont devenus les amis intimes d’Anna Maria, la mère d’Hugo, elle aussi fantasque que le père. Freddy se passionne pour les idées de son temps et le débat sur l’inné et l’acquis fait rage à ce moment. Son rêve est de pouvoir trouver un enfant sauvage. Tu-Li déniche justement une fille sauvage à Virginia City, elle est prisonnière du Dr Caleb qui l’exhibe dans un show minable. La famille Delegate ramène l’adolescente à New York.

La deuxième partie du livre raconte son éducation, son entrée dans la haute société et sa chute. La troisième le dénouement de l’histoire qui dure un peu plus d’un an en tout. Durant ce laps de temps des meurtres sanglants sont commis dans le sillage de la jeune fille, Hugo en est amoureux, il ne sait pas si elle est coupable, si c’est lui, s’il perd la raison. Mais à force de se regarder le nombril il ne voit plus la réalité et le dénouement surprendra vraiment le lecteur, qui a vécu toute cette longue histoire à travers les yeux d’Hugo.

Ce récit nous fait voyager dans les mythes américains, la conquête de l’ouest est terminée, il n’en reste que du folklore, mais la vraie sauvagerie a émigré à l’est. Et ceux qui semblent inoffensifs le sont bien moins qu’il n’y paraît.

La première partie du livre est longue et assez peu passionnante, mais l’intérêt du lecteur croît au fil des pages et l’histoire se termine de façon très surprenante. Au final c’est un regard intéressant posé sur le Manhattan de l’âge d’or.

La petite sauvage

Ne meurs pas sans moi, de Suzanne Stock

Chronique réalisée pour Les chroniques de l’Imaginaire

Ce thriller court mais excellent commence de la manière la plus banale : Sandra, une jeune avocate new-yorkaise très brillante vient d’apprendre sa promotion au sein du cabinet où elle travaille. Sa vie professionnelle est couronnée de succès, mais elle a sacrifié sa vie privée à sa carrière de spécialiste des paradis fiscaux. Elle n’a pas d’enfant, n’en désire pas et vit une relation amoureuse avec un collègue marié. Son plus cher souhait est de fêter son succès avec Mark, son amant, mais il lui dit qu’il ne peut absolument pas la voir ce soir-là. Sandra en est attristée, mais elle se rend bien compte qu’une relation avec un homme marié n’est pas de tout repos, aussi invite-t’elle Claire son amie d’enfance pour fêter son succès.

Claire est aussi avocate et elle a un dossier urgent à préparer ce soir-là toutefois elle accepte de passer un bout de soirée avec Sandra. Les deux jeunes femmes boivent, mangent et surtout évoquent leurs souvenirs d’enfance. Mais Claire veut rentrer tôt. Plus tard dans la soirée, Sandra s’aperçoit que son amie a oublié son portable chez elle. Elle a reçu un message et Sandra décide de le lire pour le transmettre à Claire pensant qu’il s’agit d’un message professionnel. Et c’est ainsi que Sandra apprend la trahison de son amie d’enfance qui est aussi la maîtresse de Mark. L’esprit embrumé par l’alcool, elle décide de se rendre chez Claire et d’exiger une explication immédiate des deux traitres qui avaient rendez-vous à vingt-et-une heure. Elle débarque dans l’appartement des amants et tout à coup tout se brouille, l’histoire si banale bifurque vers le fantastique. Le lecteur est projeté dans une sorte de thriller fantastique et surnaturel à la Stephen King, Sandra se fait agresser par un monstre invisible aux yeux rouges.

La première partie se termine ainsi et j’ai eu l’impression de déjà lu et relu, mais en moins bien. A ce moment je n’étais plus trop motivée par ce livre banal. Mais dès début de la deuxième partie, l’intrigue part dans une tout autre direction et en fait ce thriller n’a rien de banal, bien au contraire.

L’intrigue est  vraiment surprenante et originale. Sa construction aussi, certains mêmes passages sont repris par les différents protagonistes au fil de l’histoire, pour lui donner un nouvel éclairage. Peu à peu on on pénètre au coeur de l’histoire comme on pèle un oignon couche après couche.

Il s’agit d’un texte court, donc je ne peux pas en dire plus sans trahir son sens final, mais je ne peux que vous conseiller de vous laisser emporter par la belle et triste histoire de Sandra qui traite diverses thématiques vraiment intéressantes et bien loin de la vie sentimentale ratée d’une avocate à succès. Un thriller vraiment original à ne pas rater.

Ne meurs pas

Mourir la belle affaire, d’Alfredo Noriega

Chronique réalisée pour Les Chroniques de l’Imaginaire

Il s’agit du premier polar équatorien traduit en français et après cette lecture je doute que beaucoup aient envie de visiter Quito.

Le narrateur est Arturo le médecin légiste qui n’apparaît pas au début du livre.  Ce dernier commence avec un spectaculaire accident mortel entre deux 4×4. L’un des deux brûle la priorité à l’autre. Deux des occupants de la vieille voiture sont tués sur le coup tandis que le coupable prend la fuite au volant de son bolide flambant neuf. L’inspecteur Heriberto Gonzaga est appelé pour le constat. Maria, une jeune fille de vingt ans et seule survivante promet au policier de l’épouser s’il retrouve le coupable. Maria est très belle et sous le choc, l’inspecteur ne prend donc pas cette déclaration au sérieux, surtout que lui se trouve très laid.

Deux ans plus tard, il est appelé pour un cadavre trouvé sur la voie publique sous des cartons. Il reconnaît Maria, qui vient de se suicider après des mois de désespoir. Il lui promet de trouver le coupable. Il mène l’enquête et se rend vite compte que l’affaire a été étouffée afin de protéger une personnalité. Heriberto rencontre Arturo à la morgue après l’autopsie de Maria et depuis ce moment c’est le médecin légiste qui prend en charge le récit. Le policier trouve le coupable de l’accident et l’abat avec son arme de service.

C’est le début d’un amoncellement de cadavres qui va occuper Arturo durant de nombreux jours.

Si l’histoire n’est pas très surprenante dans son déroulement, la forme l’est. Le style est déstructuré et assez poétique, mais d’une poésie très moderne. Il y a beaucoup de descriptions, parfois assez longues.  et Arturo réfléchit sans cesse au sens de la vie et de la mort. Ses discours existentiels passeraient mieux s’ils étaient rédigés dans un style plus fluide. Ces réflexions sont entrecoupées de scènes d’action plutôt violentes.

La ville de Quito est un des personnages principaux du livre pour ne pas dire le personnage principal. Arturo s’interroge aussi beaucoup sur le sens à donner à l’identité de la ville et les liens que les différents protagonistes entretiennent avec elle. Elle a deux faces, elle est à la fois belle, magique et située dans un environnement particulier, mais c’est aussi une ville hyper violente et gangrénée par la corruption, en proie aux milices privées qui violent les lois en toute impunité.

Finalement il s’agit d’un livre plutôt surprenant et je l’aurais sans doute beaucoup plus apprécié s’il n’était pas rédigé dans une langue aussi hachée. Le côté polar aurait aussi gagné à être plus développé. Mais il faut reconnaître son originalité par rapport aux aux romans policiers ou thrillers auxquels on est habitué. Les fans de Brel qui ont reconnu une parole de Vieillir en seront pour leurs frais, on n’est pas du tout dans cet univers-là et il s’agit en l’occurrence d’une citation de Céline.

Mourir

 

Ne crains pas la Faucheuse, d’Alexis Aubenque

Chronique réalisée pour Les Chroniques de l’Imaginaire

Le lieutenant Greg Davis quitte San Francisco avec ses deux enfants, Penny, huit ans et Raphaël dix-sept. Ils se rendent à Pacific View, une petite ville voisine. Greg a hérité du manoir d’Oncle Terry, mais l’héritage est soumis à diverses conditions, dont celle de travailler dans la police locale. La femme de Greg s’est noyée accidentellement trois ans auparavant et il espère prendre un nouveau départ avec ses enfants.

Le lendemain Greg est accueilli chaleureusement par le shérif et tous ses nouveaux collègues, sauf le lieutenant Simpson. Dans cette ville tranquille, les policiers sont appelés sur les lieux d’un meurtre très violent, comme on n’en a encore jamais vu. Greg choisit de faire équipe avec le sergent Veronica Bloom. Sur le trajet du quartier périphérique où s’est déroulé le crime, Greg essaie d’en savoir plus sur ses nouveaux collègues, mais Vero reste sur ses gardes. Ils arrivent et découvrent un cadavre mutilé dans une baignoire. Personne n’a jamais vu un tel crime dans cette petite ville tranquille et Greg décide d’appeler ses ex-collègues de la police scientifique de San Francisco. La victime était barman, l’enquête révèle qu’il a été l’amant d’une femme mariée un an plus tôt et que l’histoire a mal fini. Le shérif obsédé par sa réélection veut des résultats rapides, il se jette donc sur cette piste avec le soutien de tous ses hommes sauf Greg qui se doute que la réalité est plus complexe.  Le lendemain matin, toute la brigade est mobilisée pour l’arrestation du couple Amstrong, qui se termine en grosse bavure policière.

Faye, une journaliste locale spécialisée dans les potins et l’art de vivre (bonnes adresses, belles balades etc ) reçoit des photos d’une source anonyme montrant la victime et la femme  d’un juge en train de faire l’amour.  Faye se met à faire sa propre enquête et découvre des éléments explosifs tandis qu’une de ses collègues, Rosie, disparaît.

Ce livre se situe au carrefour du polar et du roman. Il y a une enquête sur une série de meurtres mais le vie personnelle des héros et de leur entourage est très importante. L’auteur insiste sur la vie des enfants de Greg, Raphaël fait plein de bêtises d’adolescent. Le cadre est une ville riche, Greg hérite d’un somptueux manoir, de deux belles voitures dont une Ferrari, on est dans un cadre peu réaliste et dans un monde proche de celui de Mary Higgins Clark, toutefois l’aspect polar est plus développé. A part le sergent Bloom, dont on devine sans peine qu ‘il y aura une histoire avec Greg dans la suite de cette série, les autres policiers de cette petite ville sont présentés comme des ploucs finis qui ne font que des bêtises. De nombreux mystères sont encore pendants à la fin du livre et je suis curieuse de connaître la suite. Ce roman n’est pas un chef d’oeuvre qui marquera les mémoires, ça reste un polar très agréable à lire même si je préfère les univers un peu moins bisounours.

Les points faibles sont les fautes de français assez nombreuses, je les avais mis sur le compte d’une mauvaise traduction, mais en fait ce n’est pas un livre américain traduit , mais bel et bien un livre français. Il y a aussi plusieurs fautes d’inattention qui auraient dû être corrigées au stade des épreuves. Un univers un peu moins « Top Model » aurait rendu l’histoire un peu plus réaliste.

Toutefois le livre s’achève sur un meurtre de sang froid commis par un policier et l’on est tout à fait prêt à en savoir plus sur les aventures de Greg, Vero et Faye. Cette dernière est d’ailleurs le personnage le plus réussi du livre, et de loin.

Ne crains pas

Retour à Niceville, de Carsten Stroud

Chronique réalisée pour les Chroniques de l’Imaginaire

J’ai eu grand plaisir à retrouver les très nombreux habitants de la petite ville de Niceville dans le sud des Etats Unis. Il se passe une foule de choses, l’action ne s’arrête jamais. Il est très difficile de résumer ce roman foisonnant et vraiment passionnant, on ne s’y ennuie pas une seule seconde et il m’a fallu peu de temps pour dévorer ses cinq cent pages.

Les deux personnages centraux du livre sont Nick Kavanaugh, un ancien agent du FBI  devenu policier à Niceville et sa femme Kate, une avocate issue d’une vieille famille. Nick continue à enquêter sur un braquage sanglant. Son beau-frère Byron Deitz est soupçonné car on a retrouvé une partie de l’argent dans sa voiture. Il parvient toutefois à s’évader lors de son arrestation. L’enquête est difficile, personne ne parle et il faudra bien du temps à Nick pour trouver les coupables. Ses investigations sont encore compliquées par un psychopathe qui recherche l’argent du braquage sans qu’on sache très bien s’il effectue une mission pour un commanditaire ou s’il désire s’en emparer pour lui-même.

De son côté Kate s’occupe de Rainey Teague, l’orphelin dont elle est devenue tutrice. L’enfant de dix ans avait disparu dans le tome 1. Il est manipulé par les forces du mal, les morts, bons ou mauvais, lui parlent et apparaissent aussi sur des photos. Kate se retrouve même en 1840 dans la plantation d’un ancêtre pas sympathique du tout de l’enfant.

Le mal se déchaîne sur la ville, qu’il s’agisse du mal réel causé par la corruption des autorités et de la police ou le mal plus symbolique qui a pris possession de Rainey. Ce livre est au carrefour de plusieurs genres, on y retrouve un peu l’ambiance des livres de Stephen King, mais c’est aussi un thriller avec une enquête passionnante. D’innombrables personnages secondaires et histoires parallèles viennent se mêler aux intrigues principales, l’action ne s’arrête jamais et les personnages sont bien travaillés, il n’y a pas de place pour la caricature. On est pris dans ce livre et on le lirait bien d’une traite, en tous les cas il m’a beaucoup plu. J’attends avec impatience le volet final de cette trilogie très bien écrite et vraiment passionnante.

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Face au mal, de Bill Loehfelm

Chronique réalisée pour Les chroniques de l’Imaginaire

Maureen est serveuse dans un bar ouvert la nuit. Au début c’était pour payer ses études, mais elle a vite été happée par son travail et l’univers de la nuit. A vingt-neuf ans, elle a l’impression de ne rien avoir fait de sa vie et de n’avoir pas d’autres perspectives d’avenir et de travail. Elle boit pas mal d’alcool, fume et consomme de la cocaïne. Elle accepte de remplacer une collègue un soir. C’est l’effervescence, car dans la salle au-dessus du bar se tient une soirée de récolte de fonds pour la campagne de Frank Sebastian, candidat au Sénat de l’Etat de New Vork. Maureen boit trop et va se reposer après son service dans le bureau de Dennis le manager. Elle se réveille au mauvais moment et voit son chef faire une fellation à Sebastian. Maureen s’en fiche éperdument, ce n’est pas la première scène de sexe à laquelle elle assiste dans ce bar, mais Sebastian craint qu’elle ne veuille se servir de cette information pour briser sa carrière. Il lui offre de l’argent, mais elle refuse et l’assure de son désintérêt pour sa vie sexuelle.

Quand elle arrive chez elle au petit jour, sa porte a été forcée et son appartement visité. Elle va se réfugier chez son voisin John qui était aussi son ancien patron dans un autre bar. Quelques heures après, on retrouve le corps de Dennis sur les rails de métro tandis que Sebastian continue à intimider la jeune femme.

Avec l’aide de John, sa compagne Molly  et un inspecteur du NYDP proche de la retraite, Nat Waters, Maureen se bat contre Sebastian, le politicien corrompu.

Je ne sais pas si ce scénario paraît intéressant, mais ce thriller est une suite ininterrompue de clichés éculés sur le polar new-yorkais, on n’en rate pas un : Staten Island est présenté comme une sorte de zone peuplée de paumés en tous genres entre décharge et cimetière de bateaux, à tel point que j’ai dû faire une recherche internet pour me documenter sur ce quartier qui semble être tout à fait honorable. Sebastian est un monstre qui sévit depuis plus de vingt ans sur tous les trafics et crimes de la ville sans jamais se faire prendre, mais c’était sans compter sur Maureen, pauvre fille d’origine irlandaise traumatisée par le fait que son père l’ait abandonnée ainsi que sa mère vingt ans plus tôt, d’ailleurs elle a encore besoin de sa veilleuse en forme de coccinelle pour pouvoir s’endormir. Quant à la mère, elle a bien sûr cumulé deux boulots en picolant un max pour élever son ingrate de fille. Waters est épuisé, surchargé et bien sûr aussi abandonné par sa femme et ses fils depuis trente ans, ils ne peuvent que tomber amoureux l’un de l’autre…

Les personnages sont complètement caricaturaux et les dialogues bien creux, on n’arrive même pas à s’attacher à Maureen tant elle paraît en dehors de toute réalité et plausibilité.

Le seul intérêt de ce roman est sociologique: on peut y étudier tous les clichés et stéréotypes relatifs au polar et à New York. Mais en tant que thriller c’est ennuyant au dernier degré et plutôt pathétique.

Face au mal