Mourir la belle affaire, d’Alfredo Noriega

Chronique réalisée pour Les Chroniques de l’Imaginaire

Il s’agit du premier polar équatorien traduit en français et après cette lecture je doute que beaucoup aient envie de visiter Quito.

Le narrateur est Arturo le médecin légiste qui n’apparaît pas au début du livre.  Ce dernier commence avec un spectaculaire accident mortel entre deux 4×4. L’un des deux brûle la priorité à l’autre. Deux des occupants de la vieille voiture sont tués sur le coup tandis que le coupable prend la fuite au volant de son bolide flambant neuf. L’inspecteur Heriberto Gonzaga est appelé pour le constat. Maria, une jeune fille de vingt ans et seule survivante promet au policier de l’épouser s’il retrouve le coupable. Maria est très belle et sous le choc, l’inspecteur ne prend donc pas cette déclaration au sérieux, surtout que lui se trouve très laid.

Deux ans plus tard, il est appelé pour un cadavre trouvé sur la voie publique sous des cartons. Il reconnaît Maria, qui vient de se suicider après des mois de désespoir. Il lui promet de trouver le coupable. Il mène l’enquête et se rend vite compte que l’affaire a été étouffée afin de protéger une personnalité. Heriberto rencontre Arturo à la morgue après l’autopsie de Maria et depuis ce moment c’est le médecin légiste qui prend en charge le récit. Le policier trouve le coupable de l’accident et l’abat avec son arme de service.

C’est le début d’un amoncellement de cadavres qui va occuper Arturo durant de nombreux jours.

Si l’histoire n’est pas très surprenante dans son déroulement, la forme l’est. Le style est déstructuré et assez poétique, mais d’une poésie très moderne. Il y a beaucoup de descriptions, parfois assez longues.  et Arturo réfléchit sans cesse au sens de la vie et de la mort. Ses discours existentiels passeraient mieux s’ils étaient rédigés dans un style plus fluide. Ces réflexions sont entrecoupées de scènes d’action plutôt violentes.

La ville de Quito est un des personnages principaux du livre pour ne pas dire le personnage principal. Arturo s’interroge aussi beaucoup sur le sens à donner à l’identité de la ville et les liens que les différents protagonistes entretiennent avec elle. Elle a deux faces, elle est à la fois belle, magique et située dans un environnement particulier, mais c’est aussi une ville hyper violente et gangrénée par la corruption, en proie aux milices privées qui violent les lois en toute impunité.

Finalement il s’agit d’un livre plutôt surprenant et je l’aurais sans doute beaucoup plus apprécié s’il n’était pas rédigé dans une langue aussi hachée. Le côté polar aurait aussi gagné à être plus développé. Mais il faut reconnaître son originalité par rapport aux aux romans policiers ou thrillers auxquels on est habitué. Les fans de Brel qui ont reconnu une parole de Vieillir en seront pour leurs frais, on n’est pas du tout dans cet univers-là et il s’agit en l’occurrence d’une citation de Céline.

Mourir

 

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